Grève du 29 septembre : 160 manifestations, écoles et lycées mobilisés
Grève du 29/09 : 160 manifs, écoles et lycées mobilisés

Plus de 160 manifestations sont attendues mardi 29 septembre dans toute la France, à l'appel des syndicats de la fonction publique. Le mot d'ordre : refuser le probable gel du point d'indice dans le budget 2027, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Enseignants, soignants, pompiers et policiers devraient défiler, tandis que les lycéens appellent à des blocages.

Un gel du point d'indice contesté par les syndicats

Selon la CGT, plus de 160 manifestations d'agents de la fonction publique sont programmées mardi. La colère porte sur le niveau des salaires, d'autant plus avec la hausse des prix des carburants. Depuis 2017, le point d'indice, qui sert à calculer la rémunération de base des fonctionnaires, n'a été revalorisé qu'en 2022 (3,5 %) et 2023 (1,5 %), soit une hausse totale légèrement supérieure à 5 %. Entre-temps, l'inflation cumulée depuis 2017 devrait atteindre 24,17 % à la fin 2026, selon l'Insee.

Mi-septembre, Sébastien Lecornu a indiqué qu'il souhaitait une nouvelle fois geler ce point d'indice. Les syndicats veulent mettre la pression sur le gouvernement à quelques jours de la présentation du budget 2027.

Écoles : 40 % de grévistes attendus dans le premier degré

Le SNUipp-FSU, premier syndicat des enseignants des écoles primaires, annonce 40 % de grévistes chez les professeurs des écoles, selon l'Agence France-Presse (AFP). « Nous annonçons 40 % de grévistes dans le premier degré », qui compte 710 000 enseignants dans l'ensemble des établissements publics, a déclaré le syndicat.

Sur RMC, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a rappelé qu'« en principe, dans le premier degré, il y a un service d'accueil minimal qui est assuré par les collectivités locales ». Il a ajouté : « Le taux de gréviste, je ne le sais pas […] Les revendications doivent être entendues parce qu'elles sont exprimées dans un cadre justement organisé et légitime. »

Transports : trafic quasi normal, perturbations ponctuelles

Les réseaux SNCF et RATP ne devraient être que ponctuellement perturbés par la grève. À la RATP, le trafic sera « normal » sur les métros et RER franciliens, selon un porte-parole. SNCF Voyageurs annonce un trafic « normal » sur les TGV et Intercités, et « quasi normal » sur les TER. Pour les Transiliens, la circulation sera « normale à l'exception de quelques lignes où des perturbations sont à prévoir (RER C, RER D, RER E, lignes R, V) ».

Pompiers et policiers dans la rue

Après un été marqué par les incendies, les pompiers seront présents dans les manifestations. Lundi, ils ont défilé à Paris avec une carcasse d'avion repeinte aux couleurs de la sécurité civile, symbole d'un système « en fin de vie » selon eux. David Cambré, représentant SUD pour le Nord, résume auprès de l'AFP : « Ça n'a fait qu'empirer ce manque de moyens, de sécurité et de matériel, alors que suite au mégafeu de 2022, on pensait que ça allait réagir. » Il ajoute : « Ça devient criant, on doit adapter la sécurité civile aux changements climatiques », alors qu'un projet de loi doit être présenté prochainement.

Les policiers seront également mobilisés, selon les syndicats Alliance, Un1té et Unsa, cités par « le Parisien ». Ils demandent une revalorisation salariale, une augmentation de la prime de risque, un renfort d'effectifs et de meilleures conditions de travail.

Blocage des lycées : l'USL appelle à généraliser

La mobilisation des lycéens devrait se poursuivre mardi. L'Union Syndicale Lycéenne (USL) appelle au blocage de tous les lycées en France. Son président, Ryad Rani, déclare à l'AFP : « On appelle au blocage de tous les lycées demain. On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire. » Il évoque une possible « convergence des luttes » avec « la grève de la fonction publique qui sera très suivie par les enseignants ».

Parmi les revendications de l'organisation : le manque de moyens général, la surcharge des classes « qui montent parfois à 32 ou 35 », le manque d'enseignants et de personnels, dont les infirmières scolaires et les AED (surveillants). Lundi, les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation nationale ont prévenu qu'en cas de violences et de blocage total des lycées, les forces de l'ordre interviendraient, alors que des incidents ont touché des lycées d'Île-de-France depuis une semaine.