Audit des supervigiles de Nice : un ex-commissaire missionné
Audit des supervigiles de Nice : un ex-commissaire missionné

Le groupement d'intérêt économique (GIE) Gaida, chargé de la sécurité dans les quartiers de Nice, fait l'objet d'un audit demandé par le nouveau maire Éric Ciotti. L'inspection, menée par l'ancien commissaire central de Nice Régis Asso, suscite des remous parmi les agents de cette structure dont le coût annuel dépasse 2,5 millions d'euros.

Un audit commandé par la nouvelle municipalité

Lancé en juin 2026, cet audit intervient après un changement de majorité à la mairie de Nice. Alors que l'ancien maire Christian Estrosi avait déployé le Gaida aux Moulins en 2024 pour lutter contre le narcotrafic, Éric Ciotti, qui a fait de la sécurité son cheval de bataille électoral, souhaite évaluer l'efficacité de ces supervigiles. La précédente municipalité envisageait pourtant d'étendre leurs prérogatives dans les quartiers est de la ville, mais les élections ont changé la donne.

Régis Asso, policier à la retraite et frère de Bernard Asso, élu sur la liste Ciotti au conseil municipal, a été chargé de cette mission. Il est également récemment entré au conseil d'administration de Côte d'Azur habitat, le bailleur social métropolitain, ce qui soulève des questions sur l'indépendance de l'audit.

Des griefs contestés par les agents

Selon les informations recueillies, plusieurs griefs seraient formulés à l'encontre du Gaida : des salaires jugés trop élevés et des saisies de stupéfiants trop faibles. Toutefois, au sein du groupement, ces critiques sont jugées injustifiées. « Nos salaires sont comparés à ceux des agents de tranquillité de Côte d'Azur habitat », déplore l'un des membres de la « garde ». Un autre ajoute : « On nous reproche aussi de ne pas être assez efficaces dans la lutte contre le narcotrafic alors que ce n'est pas dans nos attributions ».

Ces déclarations montrent le malaise des agents, qui estiment que leur mission est mal comprise. Le Gaida, composé d'agents à la solde des bailleurs sociaux et de la Ville, est déployé pour lutter contre les désordres et les abus, mais ses prérogatives ne couvrent pas directement la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Une procédure qui interroge

La gouvernance du Gaida n'a pas encore été modifiée depuis les élections municipales. « Sur le papier, notre président c'est toujours Anthony Borré », souffle l'un de ses membres, qui s'interroge sur la conformité de cet audit avec les statuts du groupement. En effet, l'inspection est menée au titre des fonctions de Régis Asso au sein de Côte d'Azur habitat, ce qui pourrait poser un problème de procédure.

Contacté, Régis Asso n'a pas souhaité s'étendre sur la mission qui lui a été confiée, précisant qu'elle est loin d'être terminée. Il assure néanmoins qu'il procédera à une analyse « équilibrée » de la situation. L'audit devrait permettre à la nouvelle municipalité de décider de l'avenir de ces supervigiles, dont l'efficacité est désormais au cœur des débats politiques niçois.