Tawfik Ballout, 64 ans, père d'Abdul Ballout, l'islamiste allemand suspecté d'avoir perpétré l'attaque terroriste en marge de la Pride à Berlin samedi, s'est confié à l'hebdomadaire Der Spiegel. Dans un article publié ce lundi, il affirme avoir été l'une des dernières personnes contactées par son fils avant le drame.
Un dernier appel à 21h53
Selon Tawfik Ballout, Abdul Ballout l'a appelé à 21h53, quelques instants avant de commettre l'attentat à la voiture bélier et à l'arme blanche qui a coûté la vie à une femme et blessé une trentaine de personnes. « Il m'a dit que je lui manquais et qu'il aurait voulu être là avec moi », raconte-t-il, interrogé depuis le Liban où il séjourne pour rendre visite à sa famille. Le père, sous le choc, déclare : « Mes filles ne font que pleurer. Je ne mange plus et je ne dors plus depuis ce jour-là. Je n'aurais jamais pensé qu'il puisse être capable de tels actes. Ils lui ont fait un lavage de cerveau. »
Une famille chiite sans lien avec Daesh
Abdul Ballout vivait avec sa mère (les parents sont divorcés) et ses trois sœurs dans le quartier berlinois de Schöneberg. La police allemande a révélé qu'il avait un lourd casier judiciaire lié à « une radicalisation et son appartenance au milieu islamiste ». Tawfik Ballout insiste sur le fait que la famille, chiite, n'a aucun lien avec Daesh – dont la lecture extrémiste du sunnisme s'oppose au chiisme. « Nous lui avons interdit de porter la barbe longue », assure le père, y voyant un signe de radicalisation.
Un fils décrit comme généreux et affectueux
Selon son père, Abdul Ballout était « généreux, émotif et affectueux ». Il avait arrêté ses études en classe de seconde, puis travaillé comme agent de sécurité et chauffeur. Ces derniers temps, il passait la majorité de ses journées dans l'appartement familial, se levant tard et consacrant beaucoup de temps au téléphone ou devant la télévision. Activement recherché par les forces de l'ordre après l'attentat, Abdul Ballout a été tué dimanche soir par la police à Berlin. Le père, anéanti, peine à comprendre comment son fils a pu basculer dans la violence extrême.



