La ville cambodgienne de Poipet, située à la frontière thaïlandaise, est en pleine tourmente. Connue pour ses casinos et ses complexes de jeux, elle est désormais le théâtre d'une répression intense contre les escroqueries en ligne, ou « scams », qui prospéraient dans l'ombre des salles de jeu. Depuis plusieurs semaines, les autorités cambodgiennes mènent des raids et ferment des établissements, provoquant un exode massif de travailleurs étrangers et un effondrement de l'économie locale.
Une plaque tournante des escroqueries en ligne
Poipet était devenue un hub pour les opérations de cybercriminalité, attirant des milliers de travailleurs étrangers, notamment des Chinois, des Thaïlandais et des Vietnamiens, employés dans des centres d'appels et des bureaux où ils escroquaient des victimes à travers le monde. Selon un rapport de l'ONU, environ 100 000 personnes travaillaient dans ces activités illicites au Cambodge, dont une grande partie à Poipet. La ville comptait plus de 300 casinos, dont beaucoup servaient de façade pour ces opérations.
La répression s'intensifie
Le gouvernement cambodgien, sous pression internationale, a lancé une vaste campagne de répression. En juin 2026, les autorités ont fermé 50 casinos et arrêté plus de 200 personnes soupçonnées d'être impliquées dans des escroqueries. « Nous ne tolérerons plus que notre pays soit utilisé comme base pour des activités criminelles transnationales », a déclaré le ministre de l'Intérieur, Sar Kheng, lors d'une conférence de presse à Phnom Penh. Les raids ont ciblé des complexes entiers, forçant des milliers de travailleurs à fuir vers la Thaïlande ou à se cacher.
Conséquences économiques et sociales
L'économie de Poipet, dépendante à 80% des casinos et des activités connexes, s'est effondrée. Les hôtels, restaurants et commerces, qui vivaient de la clientèle des joueurs et des travailleurs du scam, sont désormais vides. « Avant, les rues étaient bondées, maintenant c'est un désert », témoigne Sokha, un commerçant local. Le chômage a explosé, et de nombreux habitants cherchent à quitter la ville. Les autorités thaïlandaises ont signalé une augmentation de 30% des entrées de Cambodgiens à la frontière.
Réactions internationales
La Chine, dont les ressortissants étaient nombreux à Poipet, a salué la répression tout en appelant à une coopération accrue. « Ces activités nuisent à l'image de la Chine et à nos relations bilatérales », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Les États-Unis et l'Union européenne ont également exprimé leur soutien, tout en demandant des garanties sur le respect des droits de l'homme lors des arrestations.
Un avenir incertain
Alors que la répression se poursuit, l'avenir de Poipet reste incertain. Le gouvernement cambodgien a promis de développer d'autres secteurs économiques, comme le tourisme et l'agriculture, mais les investissements tardent à venir. « Nous avons besoin de temps et d'aide pour nous reconstruire », confie un responsable local. En attendant, la ville fantôme de Poipet symbolise les défis de la lutte contre la cybercriminalité en Asie du Sud-Est.



