Grève maintenue à France Inter malgré la proposition de débat
Grève maintenue à France Inter malgré la proposition de débat

La direction de France Inter a proposé, ce jeudi 17 septembre 2026, de transformer l’édito hebdomadaire contesté du journaliste de « Valeurs actuelles » Charles Sapin en un débat contradictoire. Cette proposition n’a pas satisfait le personnel, qui maintient la grève prévue pour le 21 septembre, a appris l’AFP.

Le maintien de cette journée de grève, votée mardi après deux premières journées les 13 et 14 septembre, a été décidé à la mi-journée lors d’une assemblée générale du personnel du groupe public Radio France, auquel appartient France Inter.

Un recrutement contesté depuis fin août

Depuis fin août, le personnel s’oppose au recrutement de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », en arguant que ce magazine porte des idées d’extrême droite. Le journaliste signe un édito politique de 2 minutes 30 le dimanche matin vers 7h40 sur France Inter, dont deux numéros ont déjà été diffusés.

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Le magazine « Valeurs actuelles », qui se revendique conservateur, a été plusieurs fois condamné en justice, notamment pour injure publique à caractère raciste après avoir dépeint en esclave l’élue LFI noire Danièle Obono en 2020. Il était alors dirigé par Geoffroy Lejeune, passé en 2023 au « Journal du dimanche », hebdomadaire qui appartient au milliardaire réactionnaire Vincent Bolloré.

Une proposition de débat jugée insuffisante

Selon des sources internes, la directrice de France Inter, Céline Pigalle, a proposé de « transformer cet édito en débat », avec des modalités à définir. Cette proposition n’a pas convaincu l’assemblée générale de renoncer à la grève. « Le problème n’est pas tant le format que “Valeurs actuelles” lui-même », qui acquiert un « brevet de respectabilité » en étant « associé à France Inter », a déclaré une source syndicale à l’AFP.

« Nous ne sommes pas opposés au principe d’un débat en lui-même, mais ce qui pose problème, c’est que ce soit un débat hebdomadaire et rémunéré, avec un contrat de travail à la clé, ce qui équivaut presque à un partenariat », a nuancé une autre source interne. « Ce que nous ne voulons pas, c’est que France Inter apporte sa validation à une présence hebdomadaire rémunérée de Charles Sapin », a-t-on poursuivi de même source.

Les syndicats de Radio France pointent aussi du doigt la présence du milliardaire proche de l’extrême droite Pierre-Edouard Stérin parmi les actionnaires du magazine.

Un contexte de pluralisme sous tension

L’arrivée sur France Inter de Charles Sapin, qui a rejoint « Valeurs actuelles » cet été en provenance du « Point », a été justifiée par la direction de la radio au nom du pluralisme. Outre France Inter, la récente arrivée de Charles Sapin sur la chaîne de télévision Franceinfo a également été contestée par les syndicats du groupe public France Télévisions.

Le sujet du pluralisme de l’audiovisuel public est brûlant depuis la rentrée 2025. Les accusations de partialité en faveur de la gauche ont motivé l’an dernier la création d’une commission d’enquête parlementaire par l’UDR, parti d’Eric Ciotti allié au RN.

La grève du 21 septembre reste donc maintenue, le personnel de Radio France n’ayant pas été satisfait par la proposition de la direction. Les modalités du débat proposé restent à définir, mais elles n’ont pas suffi à apaiser la fronde contre la présence de Charles Sapin à l’antenne.

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