Jonathan Gensburger, syndicaliste de la CGT spectacle, a vivement réagi ce jeudi 17 septembre aux déclarations d'Eric Ciotti, maire de Nice, qui opposait les pêcheurs et les agriculteurs aux étrangers bénéficiaires d'allocations. Il dénonce une formule « au minimum profondément trompeuse » et « scandaleuse », estimant qu'elle « fabrique un bouc émissaire ».
Des propos qui opposent travailleurs et étrangers
Le maire de Nice s'était rendu au port de Nice, où des marins-pêcheurs bloquaient l'entrée pour protester contre la hausse du prix du gazole. Il a apporté son « soutien » aux manifestants, proposant d'aider « ceux qui bossent » plutôt que de « donner des allocations logement et familiales aux étrangers qui arrivent dès le premier jour ».
Eric Ciotti, également fondateur de l'Union des Droite pour la République (UDR), en a profité pour rappeler sa proposition, faite avec les députés de son groupe et son alliée du Rassemblement national, Marine Le Pen, de supprimer ou baisser la TVA sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Il évalue cette mesure à 12 milliards d'euros, un montant qu'il compare aux allocations versées aux étrangers.
Une « contradiction assez vertigineuse » selon le syndicaliste
Jonathan Gensburger, également niçois, a répondu point par point aux arguments du maire. « Non, le système social français ne fonctionne pas comme un guichet où une personne étrangère franchirait la frontière et repartirait automatiquement avec des allocations », a-t-il rappelé. Il s'interroge sur l'utilisation de la formule « premier jour », qui selon lui « produit un effet politique très clair : faire croire qu'il existerait une forme de privilège automatique accordé aux étrangers au détriment de ceux qui travaillent ».
Le syndicaliste souligne une « contradiction assez vertigineuse » : « Ciotti prétend défendre "ceux qui bossent" tout en construisant son argumentaire sur l'opposition entre travailleurs et étrangers, comme si les deux catégories étaient mutuellement exclusives. » Il rappelle que « des étrangers travaillent en France, ils cotisent, ils paient des impôts et des cotisations », et que « les droits sociaux ne sont pas distribués en fonction d'une préférence politique pour telle ou telle nationalité : ils sont encadrés par la loi ».
Un débat mal éclairé selon la CGT
Pour Jonathan Gensburger, « on peut vouloir modifier les règles sociales, discuter de leur financement, ou défendre une baisse de fiscalité pour les automobilistes, les pêcheurs ou les agriculteurs ». Mais, ajoute-t-il, « on ne peut pas sérieusement éclairer ce débat en présentant de manière aussi simplifiée et approximative les conditions d'accès aux prestations sociales ».
Il conclut en estimant que « le sujet mérite donc autre chose qu'une formule destinée à frapper les esprits et draguer l'électorat le plus réactionnaire ». Les propos du maire de Nice interviennent alors que les pêcheurs bloquent le port pour dénoncer la hausse du prix du gazole, une mobilisation qui s'inscrit dans un contexte de tensions sur le pouvoir d'achat des professionnels du secteur.



