Pêche : aides carburant et prêt à taux zéro, les ports débloqués
Pêche : aides carburant, prêt à taux zéro, ports débloqués

Les pêcheurs professionnels de Méditerranée ont annoncé ce jeudi 17 septembre le déblocage des ports après six heures de négociations avec la ministre déléguée à la mer et à la pêche, Catherine Chabaud. Cette dernière a détaillé les mesures pour Midi Libre, notamment une aide carburant dépendante de l'évolution des prix, un prêt à taux zéro et une évolution de la répartition du surplus de thon rouge.

Des négociations longues et une confiance retrouvée

Les discussions ont duré six heures jeudi, et les représentants des pêcheurs se sont engagés à débloquer les ports. « Les médias se sont beaucoup focalisés sur les aides carburant. En fait, il a été plus question des incompréhensions et des incertitudes pour l'avenir, il y a eu beaucoup plus de sujets et je les connais », explique Catherine Chabaud. La ministre souligne l'importance de laisser chacun s'exprimer : « Les représentants étaient nombreux et il était essentiel que chacun puisse s'exprimer. Je savais que cela prendrait du temps et à l'issue, ils se sont engagés à débloquer les ports. »

Interrogée sur ce qui a fait basculer les discussions, la ministre répond : « La confiance. Ce n'est pas qu'une discussion de montants d'aide, de pourcentage, de maille de filets. » Elle rappelle que la communauté de pêcheurs empile les crises : Brexit, guerre en Ukraine, Covid, Moyen-Orient, et une crise environnementale qui s'accentue, avec du plancton moins prolifique et des espèces qui ne grandissent plus normalement.

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Aides carburant : 70 % de l'augmentation et un prêt à taux zéro

Concernant le carburant, point sensible des négociations, la ministre rappelle le plan d'aide mis en place au printemps : « Pour rappel, au printemps, nous avons d'abord fait un plan d'aide pour deux mois, puis trois mois, au regard de la crise au Moyen-Orient. » Elle reconnaît des difficultés au démarrage : « Il a fallu lancer la machine, il faut reconnaître que l'on a eu des difficultés au début, ça a pris plus de temps que prévu, car il n'y avait pas que les pêcheurs. » Les premières aides sont tombées fin août, et le processus est en cours : « Nous sommes à 90 %, il y a quand même 2 090 dossiers. »

La nouvelle mesure, validée par la Commission européenne, prévoit une aide à hauteur de 70 % de l'intensité de l'augmentation des carburants, pour les quatre mois à venir. « Cette aide sera dépendante de l'évolution des prix du carburant », précise Catherine Chabaud. Pour répondre aux problèmes de trésorerie, un prêt à taux zéro a également été annoncé. Concernant la demande de blocage du prix du litre d'essence, la ministre répond que cela n'est pas dans les compétences de son ministère, et qu'« en général, l'État français ne peut pas influencer les cours mondiaux ».

Thon rouge : une nouvelle répartition du surplus et des licences

La répartition du thon rouge entre Méditerranée et Atlantique était un point de friction. Catherine Chabaud indique : « Nous ne touchons pas à la clé de répartition sur l'intégralité du quota, qui est de 7 000 tonnes, 90 % pour la Méditerranée, 10 % pour l'Atlantique. » Cependant, il existe un surplus de quota de 243 tonnes cette année. Face au changement climatique, qui pousse le thon rouge vers l'Atlantique et la Manche, la ministre annonce une évolution du surplus pour 2026 : « 33 % pour la Méditerranée et les seuls petits métiers, 66 % pour l'Atlantique. » Pour 2027, les professionnels devront faire des propositions.

Sur les 15 nouvelles licences de pêche au thon rouge demandées, la ministre annonce : « J'ai annoncé aux pêcheurs méditerranéens que je leur donnerai » les cinq en réserve pour la France. Pour les dix autres, qui n'existent pas actuellement, cela nécessite une demande de la France auprès de l'ICAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique). « Nous allons faire les démarches nécessaires, mais ça ne veut pas dire que l'on va les avoir », prévient-elle.

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Le plan WestMed et les perspectives d'avenir

Le plan européen WestMed pour la Méditerranée, qui a réduit les jours de pêche, fragilise la filière. Catherine Chabaud reconnaît que « le sujet est complexe », et pour 2027, l'idée est de faire évoluer ce plan « qui n'est pas adapté et qui a des conséquences qui n'ont pas été anticipées par la Commission européenne ». Elle souhaite travailler sur des propositions que la France pourra faire, avec l'objectif de préserver la ressource, un objectif partagé par les pêcheurs.

La ministre annonce qu'elle se rendra lundi au Grau-du-Roi et à Sète pour poursuivre les discussions. Elle évoque notamment la lourdeur des normes administratives, un point noir : « Nous en parlerons lundi, je viens les voir au Grau-du-Roi et à Sète. Nous n'allons pas renégocier, mais regarder l'avenir, l'objectif est de mieux comprendre pour faire évoluer la pêche et mieux répondre aux enjeux qui les touchent. » Elle insiste sur la nécessité de « redonner de la visibilité, de l'espoir pour les jeunes, et accélérer la décarbonation de la flotte ».