Incendie du Gros Bessillon : leur maison sauvée par le débroussaillement
Incendie : leur maison sauvée par le débroussaillement

À Cotignac, dans le Var, René et Cécile Padovani ont vu leur maison résister à l'incendie du Gros Bessillon, le 21 juillet au soir, grâce à sept années de débroussaillement et de déboisement autour de leur propriété isolée en pleine forêt. Alors que le massif alentour est dévasté, leur habitation est restée intacte, une exception qui n'a rien d'un hasard.

Un choix de vie assumé au cœur du massif

Il y a sept ans, le couple acquiert un « petit bout de paradis, niché dans la forêt », sur les hauteurs du chemin de Correns, entre Cotignac et Correns. Leur unique critère : « pas de voisinage ! », s'amuse René Padovani. Pour accéder à leur propriété, il faut emprunter plus d'un kilomètre d'une piste forestière étroite et remuante, trop étroite pour les camions de pompiers.

Dès le départ, René Padovani, retraité de l'arsenal de Toulon, comprend que la maison serait vulnérable en cas de feu de forêt. Il se met alors au travail : « Je me suis équipé, en tronçonneuses, débroussailleuses, etc. et j'ai commencé par débroussailler le périmètre nécessaire autour de la maison. Surtout, la maison était entourée de pins de plusieurs dizaines de mètres. Alors j'ai tout déboisé moi-même, petit à petit ».

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Un travail de prévention de sept ans

En sept ans, René Padovani a abattu « une soixantaine d'arbres autour de la maison », dont le bois sert à chauffer le couple. Il a également investi dans une réserve incendie en citerne souple ce printemps : « Entre l'achat et le terrassement, cela nous est revenu à plus de 4 000 euros ». En revanche, la motopompe complémentaire, qui aurait permis de défendre la maison, n'a pas encore été achetée : « Vu le montant des dépenses déjà faites, on a dû surseoir à la dépense ».

Cet équipement a manqué au couple le jour de l'incendie. « On savait que le feu était à Pontevès, mais jusqu'en début de soirée, il était loin de nous, on se sentait en sécurité. Et puis, en quelques minutes, peu après 20 heures, tout a changé à une vitesse incroyable. Le feu a littéralement fait demi-tour pour fondre sur nos quartiers de Cotignac », raconte René Padovani.

Une fuite précipitée et une attente angoissante

Le couple fuit immédiatement avec leurs animaux, empruntant la piste forestière alors que les flammes dévalent la colline. « On a eu peur pour nos vies… Mais on a réussi à rejoindre la route avant de nous faire prendre », témoigne-t-il. Réfugiés deux jours au collège de Carcès, puis chez des proches, ils restent « sans nouvelles pendant quatre jours », avant que la gendarmerie ne les prévienne, étonnée, que leur maison est toujours debout.

Autour de la maison, la dévastation est totale : la débroussailleuse, les vélos et du matériel ont été détruits, comme un échafaudage en aluminium totalement fondu, preuve des températures extrêmes dépassant les 600 degrés. Le paysage, lui, « n'a plus rien d'idyllique », admet René Padovani. « On ne reconnaît plus notre chez-nous, on a perdu nos repères. De petites pousses vertes émergent déjà, la nature est forte, mais il faudra des décennies pour retrouver la forêt ».

Des leçons pour l'avenir

Malgré tout, le couple relativise : « La maison est encore là, on n'est pas les plus à plaindre. Plusieurs voisins n'ont pas cette chance… Et si on ne doit en retenir qu'une chose, c'est qu'il est indispensable d'en assurer au maximum la sécurité, en s'équipant, en débroussaillant et en déboisant ». D'ici l'été prochain, ils comptent « compléter leurs moyens de défense avec la motopompe », tout en craignant les coulées de boue lors des prochaines fortes pluies sur les terrains dévastés.

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