Liban-Israël : négociations toujours dans l'impasse
Liban-Israël : négociations toujours dans l'impasse

Les négociations entre le Liban et Israël sur leur frontière maritime demeurent dans une impasse totale, selon des sources diplomatiques proches des discussions. Alors que les deux pays revendiquent des zones économiques exclusives (ZEE) qui se chevauchent en Méditerranée orientale, les pourparlers indirects, menés sous l'égide des États-Unis, n'ont abouti à aucun progrès concret depuis leur reprise en 2020.

Des revendications irréconciliables

Le principal point de discorde réside dans le tracé de la frontière maritime, qui conditionne l'exploitation de gisements de gaz offshore. Le Liban revendique une ligne qui s'étend plus au sud que celle proposée par Israël, incluant une partie du champ gazier de Karish, que Beyrouth considère comme étant dans ses eaux territoriales. De son côté, Israël insiste sur la ligne de l'ONU établie en 2011, qui lui est plus favorable.

Selon un diplomate occidental impliqué dans la médiation, les deux parties ont durci leurs positions ces derniers mois, rendant tout compromis difficile. « Chaque camp campe sur ses positions, et les pressions politiques internes ne facilitent pas la recherche d'une solution », a-t-il confié sous couvert d'anonymat.

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Des enjeux économiques majeurs

L'enjeu est considérable : le sous-sol marin de la zone contestée contiendrait d'importantes réserves de gaz naturel, estimées à plusieurs centaines de milliards de mètres cubes. Pour le Liban, dont l'économie est en crise depuis 2019, l'exploitation de ces ressources pourrait représenter une bouffée d'oxygène vitale. Le pays espère attirer des investisseurs étrangers pour développer son secteur énergétique, mais l'absence d'accord avec Israël freine les initiatives.

Pour Israël, l'exploitation du champ de Karish, déjà en cours de développement par la société Energean, est une priorité stratégique. Le gouvernement israélien a réaffirmé sa détermination à poursuivre les travaux, malgré les menaces du Hezbollah libanais, qui a promis de s'opposer par la force à toute extraction dans cette zone.

Une médiation américaine au point mort

Les États-Unis, qui jouent le rôle de médiateur depuis 2020, n'ont pas réussi à rapprocher les points de vue. Les envoyés spéciaux américains ont effectué plusieurs allers-retours entre Beyrouth et Jérusalem, mais leurs propositions de compromis ont été rejetées par l'une ou l'autre des parties.

Un haut responsable américain a déclaré que les négociations étaient « dans une phase délicate », tout en se disant « confiant » dans la possibilité d'un accord. Cependant, les observateurs doutent d'une avancée rapide, d'autant que la situation politique interne au Liban, où le gouvernement est affaibli et les élections législatives approchent, complique toute prise de décision.

Des tensions croissantes sur le terrain

En parallèle, les tensions militaires restent vives le long de la frontière terrestre. Des incidents ont été signalés ces dernières semaines, notamment des tirs de drones et des manœuvres militaires des deux côtés. Le Hezbollah, qui dispose d'une force militaire importante, a averti qu'il considérait toute exploitation du champ de Karish comme une « ligne rouge ».

Le secrétaire général de l'ONU a appelé les deux parties à la retenue et à la reprise des négociations, soulignant que « la stabilité de la région en dépend ». Mais pour l'instant, aucun calendrier n'a été fixé pour de nouvelles discussions.

Un impact régional plus large

Ce différend s'inscrit dans un contexte régional plus large, marqué par la rivalité entre Israël et l'Iran, dont le Hezbollah est un allié. Une escalade pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble du Moyen-Orient, déjà fragilisé par de multiples crises.

Les experts estiment que seule une pression internationale forte pourrait débloquer la situation. Mais avec les élections américaines à venir, l'administration Biden semble peu encline à s'engager davantage dans ce dossier épineux. En attendant, les populations des deux pays restent dans l'expectative, tandis que les espoirs de développement économique s'éloignent.

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