Macron : chômage, déficit, dette, les paris perdus
Macron : chômage, déficit, dette, les paris perdus

Le 10 août 2026, à l'occasion de la publication des chiffres du chômage au deuxième trimestre, le bilan économique des deux quinquennats d'Emmanuel Macron apparaît plus contrasté que jamais. Si le taux de chômage a reculé à 7,1% de la population active, son niveau le plus bas depuis 1982, la France cumule un déficit public de 5,5% du PIB et une dette qui dépasse les 3 200 milliards d'euros, soit 112% du PIB. Ces chiffres, issus de l'INSEE, mettent en lumière les paris économiques perdus du président sortant.

Des promesses de campagne non tenues

En 2017, Emmanuel Macron promettait de faire baisser le chômage à 5% et de réduire la dette à 100% du PIB. Cinq ans plus tard, en 2022, il réitérait ses engagements, mais les résultats sont en deçà. Selon l'économiste Éric Heyer, « le bilan est en demi-teinte : le chômage a baissé, mais la dette a explosé, et la promesse de plein emploi n'est pas atteinte ».

La réforme du marché du travail, les baisses d'impôts pour les entreprises et les mesures de soutien à l'activité ont eu un impact positif sur l'emploi, mais les crises successives (gilets jaunes, Covid, inflation) ont pesé sur les finances publiques. Le déficit, qui devait passer sous les 3% du PIB, reste élevé, et la dette a augmenté de plus de 600 milliards d'euros depuis 2017.

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Des créations d'emplois record mais une précarité persistante

Sur la période, 1,8 million d'emplois ont été créés, dont une grande partie dans les services. Le taux d'emploi des seniors a progressé, passant de 51% à 58%, et celui des jeunes de 55% à 61%. Cependant, les contrats précaires restent nombreux : 12% des actifs occupés sont en CDD ou intérim, un chiffre stable depuis 2017.

Les inégalités territoriales demeurent, avec des taux de chômage supérieurs à 10% dans certains départements d'outre-mer et dans les Hauts-de-France. Selon le rapport de la DARES, « la baisse du chômage profite surtout aux cadres et aux métiers qualifiés, tandis que les ouvriers et employés peu qualifiés restent fragiles ».

Une dette publique sous tension

La charge de la dette atteint 54 milliards d'euros par an, soit le deuxième poste budgétaire de l'État après l'Éducation nationale. Les taux d'intérêt, qui étaient historiquement bas, ont remonté à 3,2% en 2026, ce qui alourdit le coût de refinancement. La France est régulièrement épinglée par la Commission européenne pour ses déficits excessifs, et les agences de notation maintiennent une perspective négative sur la note souveraine.

Les économistes s'accordent à dire que les réformes structurelles, comme la réforme des retraites de 2023, n'ont pas suffi à assainir les comptes. « Il aurait fallu aller plus loin sur la dépense publique, qui représente 57% du PIB, et sur la fiscalité écologique », analyse Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au cabinet BDO.

Le pouvoir d'achat, point noir du bilan

Malgré la baisse du chômage, le pouvoir d'achat des ménages a stagné. L'inflation, qui a culminé à 6,2% en 2023, a érodé les gains salariaux. Le salaire moyen a augmenté de 8% sur la période, mais les prix ont grimpé de 14%. Les mesures comme la prime d'activité et le bouclier tarifaire ont amorti le choc, mais n'ont pas empêché une hausse de la pauvreté, touchant 14,6% de la population.

Les retraités, notamment, ont perdu en pouvoir d'achat, tandis que les ménages les plus aisés ont profité de la suppression de l'ISF, remplacé par l'IFI. Selon un rapport du Sénat, « la politique fiscale a été favorable aux plus hauts revenus, sans effet démontré sur l'investissement ».

Un héritage économique lourd pour le prochain président

Le prochain locataire de l'Élysée devra faire face à des choix douloureux : réduire la dette, financer la transition écologique, et répondre aux attentes sociales. Les marges de manœuvre budgétaires sont minces, et la pression des marchés financiers est forte. « Le prochain quinquennat sera celui de la consolidation budgétaire, quoi qu'il arrive », prévient Éric Heyer.

En attendant, les Français jugent sévèrement le bilan économique du président sortant : selon un sondage Ifop, 62% d'entre eux estiment que son action a été négative pour l'économie du pays. Un constat amer pour celui qui avait promis de « transformer la France ».

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