La villa Helios, emblématique bâtisse de Grasse construite en 1925, a connu une spectaculaire résurrection. Après dix ans d'abandon, ce bâtiment en forme de T, perché sur la route Napoléon, a été transformé en immeuble de grand luxe, pour un investissement total de près de 11 millions d'euros, comme l'a confirmé François-Xavier Blanchard, directeur administratif et financier du promoteur Saint-Roch Habitat.
Un sauvetage patrimonial à 11 millions d'euros
Le promoteur lillois Saint-Roch Habitat, spécialisé dans le bâti remarquable, a racheté la propriété en octobre 2019 à Mme Borg. Le chantier, mené dans le respect du patrimoine, a duré sept ans, avec des aléas financiers importants. « Attaqué en 2020, le chantier devait se terminer fin 2023. Il nous fallait 50 % de logements commercialisés pour commencer. Mais, avec la guerre en Ukraine, les clients russes positionnés pour acheter se sont désengagés, et les conditions bancaires se sont dégradées. En juillet 2024, on a dû stopper le chantier durant un an et remettre des fonds personnels. Mais on ne voulait pas abandonner le projet et nos clients. Les travaux ont repris à l'été 2025 et s'achèveront en octobre prochain », a expliqué François-Xavier Blanchard.
De sanatorium à résidence de luxe
La villa Helios a d'abord été une demeure de villégiature, acquise en 1934 par le Dr Charles Brody, avant de devenir un sanatorium pour asthmatiques et tuberculeux, à l'époque où Grasse s'imposait comme station climatique. Dans les années 1960, elle a été agrandie pour accueillir un centre de repos et de convalescence, qui a fonctionné jusqu'en 2010. Après la cessation de l'activité médicale, le bâtiment a été laissé à l'abandon pendant dix ans, se dégradant en site d'urbex, squatté et tagué, jusqu'à devenir une « verrue » dévastée, fenêtres cassées et câbles arrachés.
Des appartements entre 25 et 185 m²
Le cabinet d'architecture marseillais Atelier Aïno a redonné à Helios sa superbe d'antan, en conservant son âme rétro, certains marbres verts, carrelages d'époque et l'escalier d'origine. Les anciennes chambres de la clinique ont laissé place à 18 appartements grand luxe, soit 1 500 m² sur 6 niveaux, du studio de 25 m² au méga rooftop de 185 m². Les résidents profitent d'une piscine, d'un espace bien-être (salle de sport, hammam, sauna) et de jardins paysagers.
Des acheteurs internationaux séduits
Des Anglais, Danois, Norvégiens, Allemands et Français ont déjà acquis ces biens d'exception. Michaela, une quinquagénaire allemande, a eu « le coup de cœur » pour un appartement de 60 m² avec vue mer, acheté comme résidence secondaire, au prix de 10 000 euros le m². Philippe et son épouse, jeunes retraités de l'hôtellerie parisienne, ont acheté en 2022 un somptueux 100 m² plein sud. « On a acheté pour la beauté du lieu, la vue exceptionnelle et l'histoire du bâtiment », a-t-il confié.
Quatre appartements encore à vendre
Il reste quatre appartements à acquérir : trois T4 à 995 000 euros, 865 000 euros et 895 000 euros, et un T5 à 1 595 000 euros. Les travaux restants comprennent l'installation d'un ascenseur extérieur, de parkings suspendus et l'aménagement paysager en restanques. « Ce fut une aventure difficile mais belle ! », a conclu François-Xavier Blanchard. Pour les curieux, la romancière Diane Saurat a fait d'Helios le cadre de son dernier roman, « Hélios Soleil Noir ».



