La saison estivale 2026 démarre timidement à Fréjus et Saint-Raphaël. Malgré un ensoleillement généreux et des animations nombreuses, les professionnels du tourisme constatent une baisse de fréquentation en juillet. Restaurateurs, hôteliers, commerçants et plagistes dressent un bilan mitigé, marqué par une clientèle plus regardante sur ses dépenses.
Un constat partagé par tous les acteurs
Les professionnels de la restauration, de l'hôtellerie, du commerce et des loisirs font état de résultats en deçà de leurs attentes. La fréquentation de juillet 2026 est inférieure à celle des années précédentes, et les vacanciers adoptent des comportements plus économes. Cette tendance se vérifie aussi bien à Fréjus qu'à Saint-Raphaël, sur l'ensemble du littoral de l'agglomération.
Les premiers chiffres nationaux confirment ce ressenti. Atout France, l'agence de développement touristique, indique que « malgré une bonne clientèle étrangère, le marché français reste marqué par des arbitrages budgétaires. Les touristes français dépensent avec prudence, réservent plus tard et privilégient les dépenses essentielles. » Le Comité régional du tourisme en Paca évoque également une fréquentation « décevante », bien que « globalement soutenue grâce à la clientèle étrangère ».
Les touristes étrangers sauvent partiellement la saison
À l'hôtel Best Western de Santa-Lucia, à Saint-Raphaël, Sylvie, de l'accueil, souligne l'apport des groupes étrangers : « Au mois de juillet, on a eu pas mal de groupes en provenance de pays étrangers, notamment d'Asie. Heureusement, nous travaillons avec des groupes de touristes. Les étrangers ont un peu sauvé le mois écoulé. »
Néanmoins, les habitudes changent : « Les gens font des séjours de plus en plus courts, remarque-t-elle. Et on a eu, comme de plus en plus souvent, des réservations de dernière minute. C'est assez déroutant car les mois de juillet des années précédentes, on avait un hôtel toujours plein au plus fort de la haute saison. » Les échanges avec d'autres hôteliers confirment cette tendance : « On échange beaucoup avec les autres hôtels et ils ont connu la même problématique pour juillet, avec des chambres libres aux mêmes dates que nous. Août s'annonce à peine mieux... »
Les restaurateurs font grise mine
Dans le secteur de la restauration, le constat est tout aussi amer. Morgane, serveuse à la brasserie Le Mahana à Port-Fréjus, témoigne : « Juillet a été très calme, vraiment. C'est ma cinquième année en tant que serveuse, et la fréquentation n'a jamais été aussi basse pour juillet. » Leticia, de La Crêperie de Gaëlle, renchérit : « J'ai l'impression que c'est de plus en plus calme d'année en année... Et même quand les touristes sont là, ils regardent, ils passent et ne s'arrêtent pas. »
Les touristes semblent faire l'impasse sur les repas au restaurant, mais certaines dépenses restent incompressibles. Patrick, gérant de la supérette Utile à Agay, observe : « Peut-être que les vacanciers font l'impasse sur un loisir ou le resto, mais il doit aussi acheter des biens indispensables. Donc nous n'avons pas connu un mois de juillet très négatif. Plus précisément une fréquentation assez moyenne, hélas, mais compensée par l'augmentation du panier moyen – autour de 19 euros. »
La Coupe du monde de football comme bouée de sauvetage
À Saint-Aygulf, Thierry, de l'établissement de plage Le Botafogo, note une moindre affluence : « Je ne suis pas le seul à le dire que la fréquentation a été moindre. Regardez la plage devant nous : elle n'était pas bondée en juillet, et on a pu assez bien circuler sur la route du littoral... » Il nuance toutefois : « On a heureusement un peu sauvé notre début d'été grâce à la Coupe du monde de football et nos retransmissions sur grand écran. »
Thierry s'interroge sur les facteurs dissuasifs : « Je me demande si on ne fait pas tout pour dissuader le touriste de venir chez nous : parkings payants, animations nocturnes difficiles à cause des voisins, etc. »
Le mois d'août, dernier espoir
Tous les professionnels interrogés se tournent désormais vers le mois d'août, traditionnellement le plus fréquenté de l'année. Espèrent-ils rattraper le retard accumulé en juillet ? Rien n'est moins sûr, mais l'espoir reste permis. La saison pourrait encore être sauvée si la fréquentation augmente significativement au cours des prochaines semaines.



