La bâtisse en pierre, juchée à 1 200 mètres d'altitude, porte encore les stigmates du feu. Mi-mai 2026, la maison d'Anne et Philippe Vedovini, les grands-parents du petit Emile Soleil, a été ravagée par un incendie, volontaire selon les premières constatations. Trois ans après la disparition de l'enfant, le hameau du Haut-Vernet reste prisonnier d'un drame que ni la science ni l'enquête ne parviennent à élucider.
Une disparition qui a bouleversé le pays
Emile Soleil, âgé de 2 ans et demi, s'est volatilisé le samedi 8 juillet 2023, alors qu'il passait des vacances chez ses grands-parents maternels. Ce jour-là, le petit garçon jouait dans le jardin de la propriété familiale. Vers 17 heures, sa mère donne l'alerte : l'enfant n'est plus là. Immédiatement, d'importantes battues sont organisées, mobilisant gendarmes, chiens pisteurs et hélicoptères. Pendant des semaines, les médias du monde entier braquent leurs projecteurs sur ce hameau forestier des Alpes-de-Haute-Provence.
Les recherches ne donnent rien, et l'affaire prend une tout autre dimension le 26 mars 2024, lorsqu'un randonneur découvre un crâne humain à quelques kilomètres du village. L'analyse génétique confirme qu'il s'agit bien d'Emile. L'enquête, jusqu'alors menée pour « recherche des causes de la disparition », se tourne alors vers un cadre criminel. Les gendarmes privilégient la thèse d'une intervention extérieure, sans pouvoir encore étayer cette hypothèse.
La maison des grands-parents ravagée par les flammes
Le 15 mai 2026, aux alentours de 3 heures du matin, un incendie se déclare dans l'ancienne bâtisse des Vedovini, située sur les hauteurs du Vernet. Les pompiers, rapidement sur place, parviennent à maîtriser le feu, mais la maison est lourdement endommagée. Aucun blessé n'est à déplorer, mais l'origine volontaire du sinistre ne fait guère de doute. Une enquête pour « incendie volontaire » est confiée à la gendarmerie.
Ce nouvel épisode plonge la famille dans une profonde détresse. Depuis la disparition d'Emile, Anne et Philippe Vedovini sont la cible de harcèlement en ligne et de théories complotistes. Ils ont été mis en examen au début de l'affaire, avant d'être mis hors de cause. L'incendie, selon leur avocat, s'inscrit dans une « spirale de violence » qui vise à les faire taire. Dans le hameau, les habitants, choqués, expriment leur soutien aux grands-parents, tandis que les enquêteurs restent prudents quant à un lien éventuel avec la disparition.
La vaste campagne ADN a livré ses résultats
Au printemps 2026, la section de recherches de Marseille a lancé une opération exceptionnelle : le prélèvement d'ADN de plusieurs centaines de personnes résidant ou ayant séjourné dans le secteur du Haut-Vernet. L'objectif était de comparer leurs profils génétiques aux traces retrouvées sur les ossements de l'enfant et sur ses effets personnels. Cette campagne, d'une ampleur rare dans une affaire de ce type, devait permettre d'écarter d'éventuelles contaminations ou de désigner un suspect.
Selon une source proche du dossier, les analyses viennent d'être finalisées. Aucun profil en lien direct avec les éléments recueillis sur le corps d'Emile n'a été identifié. Ce résultat déçoit, mais il n'est pas sans intérêt : il permet de « blanchir » de nombreuses personnes et de resserrer le cercle des investigations. Une source judiciaire indique que l'enquête se poursuit et que ces prélèvements ont réduit le champ des possibles, sans toutefois révéler de nouvelles pistes.
Des courriers anonymes et des zones d'ombre
Parallèlement, l'affaire a pris une tournure troublante avec la réception de mystérieux courriers anonymes. Ces lettres, adressées à des journalistes et à des enquêteurs, contiennent des allégations confuses sur la disparition du petit garçon. L'écriture et l'ADN ont été analysés, mais leur auteur n'a pas encore été identifié. Ces missives alimentent les spéculations, sans permettre d'orienter réellement l'enquête.
Reste la question essentielle : que s'est-il passé au Haut-Vernet après le réveil de la sieste d'Emile, le 8 juillet 2023 ? Les témoignages recueillis à l'époque sont contradictoires. Certains voisins affirment avoir vu l'enfant sur un chemin, d'autres non. L'autopsie du crâne, réalisée en 2024, n'a pas permis de déterminer les causes exactes de la mort, le corps ayant été exposé de longues semaines aux intempéries. La piste accidentelle n'a jamais été totalement abandonnée, mais les indices matériels orientent désormais vers une intervention humaine.
Trois ans après, la vérité reste à écrire
L'enquête, toujours en cours, mobilise encore une équipe d'enquêteurs spécialisés. Les moyens considérables déployés – analyses ADN massives, reconstitutions, écoutes – n'ont pas permis d'aboutir à une mise en examen. La famille d'Emile, silencieuse, appelle au respect de sa douleur. Ses avocats demandent la poursuite des investigations, tandis que certains experts estiment qu'il faudra peut-être des années pour élucider ce mystère.
L'incendie de la maison des grands-parents, les courriers anonymes, les prélèvements ADN : autant de pièces d'un puzzle qui tarde à s'assembler. Pour les proches de l'enfant, l'espoir subsiste que la vérité éclatera un jour. Pour les habitants du Vernet, le deuil reste impossible tant que des questions demeurent sans réponse. Et la France entière, qui avait suivi l'affaire avec émotion, continue de scruter le moindre rebondissement de ce dossier hors normes.



