Le musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, situé dans le Doubs, fait face à une recrudescence de saluts nazis depuis plusieurs mois. Selon la direction de l'établissement, ces gestes, souvent commis par des jeunes visiteurs, ont été signalés à plusieurs reprises, obligeant le musée à renforcer sa vigilance et à adapter son accueil.
Des incidents en hausse
Depuis le début de l'année 2025, le musée a enregistré une augmentation significative de ces comportements. En 2024, une dizaine de cas avaient été recensés, mais sur les huit premiers mois de 2025, on en compte déjà plus de vingt, soit un doublement par rapport à l'année précédente. Ces gestes, souvent effectués devant les vitrines consacrées à la Seconde Guerre mondiale, sont perçus comme une provocation et une atteinte à la mémoire des victimes.
Le directeur du musée, Jean-Marc Largeaud, a exprimé son inquiétude : « Nous constatons une banalisation inquiétante de ces symboles. Il ne s'agit pas de simples incivilités, mais d'actes qui heurtent profondément la mémoire de la Résistance et de la Déportation. »
Des mesures de prévention et de sanction
Face à cette situation, le musée a décidé de renforcer la présence des agents de surveillance dans les salles les plus sensibles. Des panneaux rappelant les valeurs de la République et la signification des lieux ont été installés. En cas de récidive, les personnes concernées peuvent être expulsées et une plainte peut être déposée.
La ville de Besançon, propriétaire du musée, a également réagi. Le maire, Anne Vignot, a condamné fermement ces actes : « Ces gestes sont intolérables. Nous ne laisserons pas passer ces provocations. Le musée est un lieu de mémoire et d'éducation, pas un terrain de jeu pour les nostalgiques du nazisme. » Des actions de sensibilisation auprès des scolaires sont également envisagées.
Un phénomène national
Cette recrudescence n'est pas isolée. D'autres musées et lieux de mémoire en France, comme le Mémorial de la Shoah à Paris, ont signalé des incidents similaires. Selon un rapport du ministère de l'Intérieur, les actes antisémites et néonazis ont augmenté de 12 % en 2024. Cette tendance alarmante pousse les institutions culturelles à redoubler d'efforts pour préserver la mémoire historique.
Un appel à la vigilance
Le musée de Besançon appelle les visiteurs à signaler tout comportement suspect. La direction rappelle que la transmission de la mémoire est essentielle, surtout à une époque où les témoins directs de la Seconde Guerre mondiale disparaissent. « Nous devons rester vigilants et continuer à éduquer les jeunes générations sur les dangers de l'extrémisme », a conclu Jean-Marc Largeaud.



