Gianni Infantino de plus en plus isolé à la tête de la FIFA
Infantino de plus en plus isolé à la FIFA

Gianni Infantino, le président de la FIFA, traverse une période délicate. Selon une enquête de Libération, le dirigeant suisse est de plus en plus isolé au sein de l'instance dirigeante du football mondial. Les critiques fusent de toutes parts, que ce soit de la part des fédérations nationales, des joueurs ou des observateurs. La gouvernance autoritaire d'Infantino et les scandales à répétition ont fini par éroder sa légitimité.

Une gouvernance contestée

Depuis son élection en 2016, Infantino a centralisé le pouvoir entre ses mains. Il a notamment modifié les statuts de la FIFA pour renforcer son autorité. Cette concentration du pouvoir a suscité de vives inquiétudes sur la transparence et la démocratie interne de l'organisation. Selon Libération, plusieurs membres du conseil de la FIFA ont exprimé leur mécontentement, mais n'osent pas s'opposer ouvertement par crainte de représailles.

Les scandales qui s'accumulent

Les affaires se succèdent. En 2020, la gestion de la pandémie de Covid-19 a été critiquée, notamment le maintien de la Coupe du monde des clubs au Qatar. Plus récemment, l'attribution de la Coupe du monde 2030 à six pays (Espagne, Portugal, Maroc, Argentine, Uruguay, Paraguay) a été jugée opaque. Les soupçons de corruption et de conflits d'intérêts ne cessent de s'accroître. Le parquet suisse a d'ailleurs ouvert une enquête préliminaire sur des discussions privées entre Infantino et l'ancien procureur général suisse, Michael Lauber.

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Des alliés qui s'éloignent

Même ses soutiens historiques, comme le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, prennent leurs distances. Les relations se sont tendues après le projet avorté de Super Ligue, où Infantino avait adopté une position ambiguë. Les fédérations africaines et asiatiques, autrefois fidèles, exigent désormais plus de transparence et de redistribution des revenus. Selon une source proche de la FIFA citée par Libération, « Infantino a perdu le soutien de nombreux acteurs clés, il est de plus en plus isolé ».

Une opposition qui s'organise

Face à cette situation, une opposition interne commence à s'organiser. Certaines fédérations, comme la Fédération française de football, ont demandé une réforme en profondeur de la gouvernance. Des candidats potentiels à la présidence se positionnent déjà, notamment le Sud-Africain Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football. Cependant, Infantino a encore deux ans de mandat et semble déterminé à rester au pouvoir.

L'impact sur le football mondial

Cette crise de gouvernance a des conséquences directes sur le football mondial. Les sponsors s'inquiètent de l'image de la FIFA. Les droits de diffusion sont de plus en plus contestés. Les joueurs et les entraîneurs dénoncent un calendrier surchargé, décidé sans concertation. La prochaine Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, sera un test décisif pour la crédibilité de la FIFA. Selon un rapport de la FIFA, le chiffre d'affaires de l'organisation a atteint 7,5 milliards de dollars sur le cycle 2019-2022, mais la confiance des acteurs du football est en chute libre.

Une issue incertaine

Alors que les critiques se multiplient, la question d'une éventuelle démission d'Infantino se pose. Mais l'intéressé a montré par le passé qu'il savait résister aux pressions. Il a survécu à plusieurs scandales, notamment l'enquête du parquet suisse. Cependant, son isolement grandissant pourrait rendre sa position intenable à terme. Les prochains mois seront cruciaux pour l'avenir du football mondial.

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