Les États-Unis ont chuté de dix places dans le classement annuel de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF) le 30 avril 2025. Cette dégringolade, de la 45e à la 55e position, est directement attribuée aux pressions exercées par l'administration Trump contre les médias.
Un recul historique pour les États-Unis
Jamais depuis la création de l'indice en 2002, les États-Unis n'avaient connu une telle chute. Le pays, longtemps considéré comme un modèle de liberté d'expression, se retrouve désormais derrière des nations comme la Roumanie, le Botswana ou le Suriname. RSF souligne que les attaques répétées de Donald Trump contre les journalistes, qualifiés d'"ennemis du peuple", ont créé un climat de défiance et de violence verbale qui s'est traduit par une détérioration des conditions de travail des reporters.
Les conséquences des pressions politiques
L'organisation note que les menaces de poursuites judiciaires, les retraits d'accréditations et les appels au boycott des médias critiques ont eu un effet dissuasif sur l'investigation journalistique. Plusieurs grands médias américains ont vu leurs budgets d'enquête réduits, tandis que des journalistes ont subi des intimidations. RSF cite également l'affaire du journaliste du Washington Post, dont la couverture des élections a été entravée par des restrictions d'accès.
La liberté de la presse aux États-Unis n'a jamais été aussi menacée depuis la guerre du Vietnam. Les experts de RSF estiment que la polarisation politique extrême et la désinformation en ligne ont aggravé la situation, rendant les journalistes plus vulnérables aux attaques.
Un classement mondial en berne
Au niveau mondial, le classement 2025 montre une stagnation de la liberté de la presse, avec une moyenne globale en légère baisse. Les pays nordiques dominent toujours le podium, avec la Norvège en tête, suivie du Danemark et de la Suède. En bas du classement, on retrouve la Corée du Nord, l'Érythrée et la Chine. La France se maintient à la 24e place.
RSF appelle les démocraties à réagir face à ce qu'elle qualifie de "recul inquiétant" des droits fondamentaux. L'organisation insiste sur la nécessité de protéger les journalistes et de garantir leur indépendance, notamment face aux pressions politiques et économiques.
La chute des États-Unis dans ce classement est un signal d'alarme pour l'ensemble des démocraties. Si le pays ne prend pas de mesures correctives, sa position pourrait encore se dégrader dans les années à venir.



