Violences à Belfast : deuxième nuit de tensions
La police a utilisé un canon à eau, mercredi soir, pour disperser des manifestants près de Belfast. Pour la deuxième nuit consécutive, la capitale de l’Irlande du Nord a été le théâtre de violences localisées. Elles faisaient suite à une attaque au couteau, dont la vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux. On y voit l’assaillant, un Soudanais, s’asseoir sur un homme à terre, en sang, et s’acharner sur lui.
Plus d’une centaine de manifestants se sont rassemblés en plusieurs points de Belfast, parfois pacifiquement. La situation a toutefois été tendue en début de soirée dans une rue de Glengormley. Des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre. Le centre de Belfast a lui été épargné par les violences, contrairement à la veille où s’étaient déroulées des émeutes anti-immigrés. La victime de l’agression a perdu un œil. Il est hospitalisé dans un état stable, a précisé mercredi soir sa famille.
Réactions politiques et rôle des réseaux sociaux
Ces émeutes anti-immigrés ont été qualifiées de « choquantes » par le Premier ministre Keir Starmer. Les appels à manifester avaient été relayés par des figures d’extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson et par le milliardaire américain Elon Musk. Des graffitis à caractère islamophobe s’affichaient sur plusieurs murs et rideaux métalliques de commerces du quartier où un bus a été incendié la veille.
Les autorités ont dénoncé le rôle des réseaux sociaux et accusé certains d’avoir attisé la colère en ligne. Le régulateur des médias Ofcom a mis en garde les plateformes, en leur rappelant leurs obligations légales. La police a prévenu dans la foulée que la diffusion sur les réseaux sociaux d’adresses de ressortissants étrangers pourrait « constituer une infraction pénale ».
Le suspect inculpé
Le suspect de l’attaque, Hadi Alodid, un Soudanais âgé de 30 ans, a comparu mercredi devant un juge à Belfast. Inculpé de tentative de meurtre, il a refusé la présence d’un avocat. À l’issue de l’audience, il a été maintenu en détention. Ses motivations restent floues mais la police écarte à ce stade la piste terroriste. Il avait le statut de réfugié, avec un titre de séjour valide jusqu’en 2028, selon le ministère de l’Intérieur. Il était arrivé en 2023 en Irlande du Nord depuis la République d’Irlande, après être venu de Paris.
Violences également à Glasgow
Des personnalités des partis d’extrême droite ont mis en cause les politiques migratoires du gouvernement travailliste et de ses prédécesseurs conservateurs. De violentes manifestations anti-immigrés avaient secoué l’Irlande du Nord notamment en 2024 et 2025, ainsi que d’autres endroits du Royaume-Uni.
Trois hommes ont été inculpés à la suite de violences mardi soir à Glasgow (Écosse). Des personnes y ont été « attaquées à cause de la couleur de leur peau » selon la police. Des fidèles ont dû être confinés dans une mosquée par mesure de sécurité.



