Le philosophe et essayiste Raphaël Enthoven a reçu le Prix Jean-Pierre Bloch, une distinction qui récompense chaque année une personnalité engagée dans la lutte contre l'antisémitisme et pour la défense des droits de l'homme. Lors de la cérémonie, qui s'est déroulée à Paris, il a prononcé un discours percutant dans lequel il a dénoncé ce qu'il appelle un « antisémitisme contemporain ».
Un antisémitisme insidieux
Raphaël Enthoven a souligné que l'antisémitisme d'aujourd'hui n'est plus celui des années 1930. Il se manifeste de manière plus subtile, souvent sous couvert d'antisionisme ou de critique d'Israël. « L'antisémitisme contemporain se pare des habits de la justice sociale et de la lutte contre le colonialisme », a-t-il déclaré. Selon lui, cette nouvelle forme de haine juive est d'autant plus dangereuse qu'elle est parfois difficile à identifier.
L'importance de la mémoire
Le philosophe a également rappelé l'importance de la mémoire et de l'éducation pour combattre ce fléau. Il a insisté sur le fait que la transmission de l'histoire de la Shoah est essentielle, mais qu'elle doit être accompagnée d'une réflexion sur les mécanismes actuels de la haine. « Il ne suffit pas de se souvenir, il faut comprendre comment l'antisémitisme se réinvente aujourd'hui », a-t-il ajouté.
Un appel à la vigilance
Raphaël Enthoven a appelé les politiques, les intellectuels et les citoyens à une vigilance accrue face à la montée des discours antisémites, notamment sur les réseaux sociaux. Il a déploré que certains milieux, y compris au sein de la gauche radicale, tolèrent ou minimisent des propos antisémites. « Lutter contre l'antisémitisme, c'est aussi lutter contre toutes les formes de racisme et de discrimination », a-t-il conclu.
Le Prix Jean-Pierre Bloch, créé en 2008, rend hommage à ce résistant et ancien député, figure de la lutte contre l'antisémitisme. Il est décerné chaque année par le Comité français pour Yad Vashem et l'Union des étudiants juifs de France.



