La Coupe du Monde de football 2026, qui s'ouvre le 11 juin, est d'ores et déjà entachée par une série de polémiques liées à la politique migratoire restrictive de l'administration Trump. Des arbitres, des responsables d'équipes et des supporters se voient refuser l'entrée sur le territoire américain, suscitant l'indignation internationale.
Un arbitre somalien refoulé
L'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, désigné meilleur arbitre africain en 2025, a été refoulé à l'aéroport de Miami le 6 juin. Les autorités américaines l'accusent d'être « lié à des personnes soupçonnées d'appartenir à des organisations terroristes », ce qui le rend inéligible à l'entrée. Pourtant, Artan possédait un visa valide et tous les documents requis. Il a été interrogé pendant onze heures, détenu, puis renvoyé en Somalie. Son retour forcé a été célébré par une foule à Mogadiscio, et l'UEFA lui a proposé d'arbitrer la Supercoupe d'Europe.
Des responsables iraniens privés de visas
Une quinzaine de responsables de la sélection iranienne se sont vu refuser des visas américains. Andrew Giuliani, responsable de l'organisation de la Coupe du Monde à la Maison Blanche, a justifié cette décision par des « très bonnes raisons », évoquant des liens possibles avec les Gardiens de la Révolution. L'équipe iranienne a dû déplacer son camp de base de Tucson (Arizona) à Tijuana (Mexique), bien qu'elle doive jouer ses matchs de groupe aux États-Unis. À leur arrivée au Mexique, les joueurs portaient un pin's arborant le nombre 168, en mémoire des victimes d'un bombardement américain sur une école en Iran.
Un joueur irakien longuement interrogé
L'attaquant irakien Aymen Hussein a été retenu pendant sept heures à l'aéroport O'Hare de Chicago, son téléphone inspecté, avant d'être finalement autorisé à entrer. En revanche, le photographe officiel de l'équipe irakienne, Talal Salah, a été refoulé après plus de dix heures de détention, malgré un visa valide.
Des supporters ivoiriens refoulés
De nombreux supporters ivoiriens n'ont pas pu obtenir de visas pour se rendre aux États-Unis. Le président du Comité national des supporters des Éléphants, Julien Kouadio Adonis, a déclaré que les autorités américaines étaient claires : elles ne voulaient pas de supporters de certains pays, dont la Côte d'Ivoire. Seuls quelques officiels ont finalement obtenu des visas après d'âpres négociations.
Des journalistes sportifs sans visas
Le président de l'Association internationale de la presse sportive (AIPS), Gianni Merlo, a dénoncé dans une lettre ouverte à la FIFA les difficultés rencontrées par les journalistes pour obtenir des visas. Des collègues iraniens et africains n'ont reçu que des visas à usage unique, les empêchant de suivre leur équipe au Canada ou au Mexique. Il qualifie cette situation d'« inacceptable ».
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a appelé à une remise en question des politiques migratoires américaines, tandis que la FIFA se dit impuissante, affirmant ne pas intervenir dans les procédures d'immigration des pays hôtes.



