Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré, mardi 11 août, que la Russie avait utilisé des missiles balistiques fournis par la Corée du Nord lors d'une attaque contre la ville de Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine. Cette frappe a fait au moins 13 morts et 40 blessés, selon les autorités locales, et a endommagé des infrastructures résidentielles et commerciales.
Une attaque meurtrière au cœur de la nuit
L'attaque s'est produite dans la nuit de lundi à mardi, vers 1h30 du matin, heure locale. Plusieurs explosions ont été entendues dans la ville, suivies d'incendies. Les secours ont travaillé toute la journée pour dégager les décombres, tandis que les habitants cherchaient des proches disparus. Le bilan provisoire fait état d'au moins 13 morts, dont un enfant, et de 40 blessés, certains dans un état grave.
Selon le gouverneur de l'oblast de Zaporijjia, Ivan Fedorov, "les frappes ont touché des zones résidentielles, un centre commercial et des infrastructures critiques". Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des immeubles détruits et des véhicules calcinés. Les services de secours ont indiqué que les opérations de recherche se poursuivaient, le bilan pourrait s'alourdir.
Zelensky accuse la Russie d'utiliser des armes nord-coréennes
Dans son discours quotidien, Volodymyr Zelensky a affirmé que "la Russie a utilisé des missiles balistiques nord-coréens contre Zaporijjia". Il a ajouté : "C'est une preuve supplémentaire que la Russie ne cherche pas la paix, mais l'escalade. Elle utilise des armes de pays qui soutiennent la terreur." Le président ukrainien a appelé ses alliés à renforcer les sanctions contre la Corée du Nord et à fournir davantage de systèmes de défense aérienne à l'Ukraine.
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis et la Corée du Sud avaient déjà accusé la Corée du Nord de fournir des missiles et des munitions à la Russie. En janvier, les services de renseignement américains avaient affirmé que des missiles nord-coréens avaient été utilisés lors de frappes sur Kharkiv. L'Ukraine avait également rapporté avoir récupéré des fragments de missiles nord-coréens sur des sites de frappe.
Des preuves sur le terrain
Des experts en armement ont indiqué que les débris retrouvés à Zaporijjia présentent des caractéristiques similaires à celles des missiles nord-coréens Hwasong-11, également connus sous le nom de KN-23. Selon l'ONG Conflict Armament Research, "les marquages et la conception des fragments correspondent à ceux observés dans des frappes précédentes en Ukraine". Ces analyses, bien que non officielles, renforcent les accusations de Kiev.
La Russie n'a pas commenté directement ces allégations, mais a dénoncé à plusieurs reprises "les mensonges du régime de Kiev". De son côté, la Corée du Nord a nié toute livraison d'armes à la Russie, qualifiant ces accusations de "rumeurs infondées".
Impact humanitaire et appels à l'aide
Cette nouvelle frappe aggrave la situation humanitaire déjà critique dans la région de Zaporijjia, où se trouve la plus grande centrale nucléaire d'Europe, occupée par les forces russes. Les bombardements constants ont poussé des milliers de civils à fuir, et les infrastructures de base sont endommagées. L'ONU a condamné l'attaque, rappelant que "les attaques contre les civils et les infrastructures civiles sont interdites par le droit international humanitaire".
Le président Zelensky a renouvelé son appel à ses partenaires occidentaux pour obtenir des systèmes de défense aérienne supplémentaires, notamment des Patriot et des SAMP/T, afin de protéger les villes ukrainiennes. Il a également demandé l'autorisation d'utiliser des armes à longue portée pour frapper les sites de lancement en Russie, une demande qui reste en suspens.
Une escalade préoccupante
L'utilisation de missiles nord-coréens par la Russie marque une nouvelle étape dans la coopération militaire entre Moscou et Pyongyang. Selon des analystes, cette coopération s'intensifie depuis 2023, avec des livraisons de munitions d'artillerie et de missiles balistiques. En échange, la Russie fournirait à la Corée du Nord une aide technologique et économique, notamment pour son programme spatial.
Cette escalade intervient alors que l'Ukraine mène une offensive dans la région de Koursk, en Russie, pour tenter de détourner les forces russes du front est. Les autorités ukrainiennes espèrent que cette opération, lancée la semaine dernière, affaiblira les positions russes et forcera Moscou à négocier. Cependant, la Russie a intensifié ses frappes sur les villes ukrainiennes, en représailles.
La communauté internationale reste divisée sur la réponse à apporter. Les États-Unis et l'UE ont condamné l'utilisation d'armes nord-coréennes et promis de nouvelles sanctions. La Chine, alliée de la Russie, a appelé à la retenue et à une solution diplomatique, sans condamner explicitement l'attaque.



