Trump défend Infantino face aux confédérations qui réclament son départ
Trump défend Infantino face aux critiques des confédérations

Donald Trump a publiquement soutenu Gianni Infantino, le président de la Fifa, alors que plusieurs confédérations continentales exigent son départ. Dans un message publié lundi soir sur son réseau Truth Social, le président américain a qualifié Infantino de « formidable » et a averti que la Fifa commettrait « une terrible erreur » si elle envisageait de le remplacer. Ce soutien intervient alors que l'UEFA, la Concacaf et l'AFC ont publié plus tôt dans la journée une lettre ouverte commune, sans le nommer directement, pour réclamer un changement de gouvernance à la tête de l'instance mondiale du football.

Un projet avorté à l'origine de la crise

La crise actuelle trouve son origine dans la révélation d'un projet, finalement abandonné, d'ouverture de la Fifa à des investisseurs privés. Ce plan, élaboré en catimini, prévoyait de céder une participation dans la Coupe du monde. Sous la pression, la Fifa a reconnu des « erreurs » dans une lettre adressée à ses 211 fédérations, mais cette reconnaissance n'a pas suffi à apaiser les critiques. Les trois confédérations contestataires estiment qu'il n'y a « toujours aucune admission que tenter de céder une participation dans la Coupe du monde de la Fifa constituait une grave défaillance de jugement, une rupture fondamentale de confiance envers les institutions mêmes que la Fifa existe pour servir ».

Trump met en avant le succès du Mondial 2026

Dans son message, Donald Trump a souligné qu'Infantino « vient de présider la Coupe du monde la plus réussie », en référence au Mondial organisé en juin-juillet aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Selon lui, si Infantino partait, « la compétition ne connaîtrait plus jamais un tel succès ni une telle rentabilité ». Le Mondial 2026 a généré près de 15 milliards de dollars de revenus, un record. Le président américain entretient des liens étroits avec le dirigeant italo-suisse, qui lui avait remis en décembre 2025 un « Prix de la paix de la Fifa » créé spécialement pour lui. Trump avait également obtenu, lors du Mondial, la révision d'un carton rouge adressé à un joueur américain, après avoir demandé à Infantino de réexaminer la décision.

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Les confédérations réclament des changements

L'UEFA, la Concacaf et l'AFC ont publié une lettre ouverte intitulée « Le football n'appartient à aucun individu », dans laquelle elles affirment que « le leadership ne consiste pas à détenir – ou à exiger – un pouvoir à conserver. C'est un devoir de service envers la famille du football ». Elles répondent ainsi aux tentatives d'Infantino de sauver sa position, alors qu'il semblait se diriger vers une réélection tranquille en mars 2027. Les trois confédérations ont déclaré n'avoir pas été convaincues par le courrier de la Fifa, qui reconnaissait des erreurs mais sans admettre une « grave défaillance de jugement ».

Un soutien partiel mais des opposants déterminés

Gianni Infantino, en poste depuis 2016, bénéficie du soutien de la Confédération africaine, de la Confédération sud-américaine et du Mexique, qui s'est écarté de la position de la Concacaf. En revanche, les États-Unis et le Canada, les deux autres organisateurs du Mondial, ont appuyé lundi la demande de « changements significatifs renforçant la gouvernance de la Fifa ». La crise a pris de l'ampleur après deux semaines de tensions, alors qu'Infantino a toujours fait face aux critiques par le passé, que ce soit sur l'organisation des Coupes du monde en Russie ou au Qatar, l'attribution du Mondial 2034 à l'Arabie saoudite, l'élargissement à 48 équipes, la création d'un Mondial des clubs, ou encore les « pauses fraîcheur » devenues des espaces publicitaires.

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L'affaire Balogun, un précédent

Le président de la Fifa a également été impliqué dans l'affaire Folarin Balogun, joueur de l'équipe américaine exclu lors des huitièmes de finale du Mondial. Après l'intervention de Donald Trump, sa suspension pour le match suivant a été commuée en « suspension avec sursis » par la commission de discipline de la Fifa. Infantino avait toutefois assuré que les instances de la fédération étaient « indépendantes ». Cette affaire illustre les relations étroites entre le dirigeant de la Fifa et le président américain, qui n'hésite pas à intervenir dans les décisions de l'instance mondiale.