Le gouvernement américain a menacé l'Iran d'un isolement diplomatique et économique « jamais vu » après une nouvelle attaque de drones contre un pétrolier au large des Émirats arabes unis. Cette déclaration marque une escalade verbale, alors que les discussions sur un retour à l'accord nucléaire de 2015 semblent s'éloigner. Selon un haut responsable du département d'État, cité par l'agence Reuters, « l'Iran doit comprendre que la communauté internationale ne tolérera pas ces actes de piraterie ».
Une attaque imputée à l'Iran
L'attaque, qui a eu lieu jeudi 12 août, a visé le pétrolier MT Mercer Street, battant pavillon libérien, géré par une société israélienne. Deux membres d'équipage, un Britannique et un Roumain, ont été tués. Les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël ont rapidement accusé Téhéran d'être responsable, une accusation que l'Iran a fermement démentie. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a déclaré : « Nous sommes convaincus que l'Iran a mené cette attaque, et nous allons travailler avec nos partenaires pour répondre de manière appropriée. »
Une menace d'isolement sans précédent
Dans un communiqué, le porte-parole du département d'État, Ned Price, a précisé que les États-Unis envisageaient « toutes les options » pour répondre à cette provocation. Il a ajouté que l'Iran pourrait faire face à un « isolement jamais vu » s'il continue à déstabiliser la région. Cette menace intervient alors que les négociations sur le nucléaire iranien sont au point mort depuis plusieurs mois. Les discussions, qui se tiennent à Vienne, n'ont pas abouti à un accord, et l'Iran a récemment accéléré son enrichissement d'uranium.
Les promesses d'apaisement autour d'Ormuz contredites
Cette escalade contraste avec les récentes déclarations iraniennes appelant à l'apaisement dans le détroit d'Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, avait récemment assuré que son pays souhaitait « la sécurité et la stabilité » dans la région. Cependant, les attaques de drones et les saisies de navires se sont multipliées ces derniers mois, alimentant les craintes d'un conflit plus large.
Des conséquences économiques potentielles
Les compagnies maritimes ont déjà commencé à réévaluer leurs routes, et les primes d'assurance pour les navires traversant le golfe d'Oman ont augmenté de 10 % depuis l'attaque, selon des sources du secteur. Une escalade pourrait entraîner une hausse des prix du pétrole, déjà soutenus par la reprise économique mondiale. Les marchés pétroliers ont réagi avec prudence, le Brent se négociant à 75 dollars le baril, en hausse de 2 %.
Les États-Unis, avec leurs alliés européens, devraient discuter de nouvelles sanctions contre l'Iran lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU prévue la semaine prochaine. Toutefois, la Russie et la Chine, qui ont des liens économiques avec Téhéran, pourraient bloquer toute mesure contraignante. L'avenir de l'accord nucléaire semble plus incertain que jamais, alors que l'Iran continue de violer ses engagements en enrichissant de l'uranium à 60 %, proche du niveau militaire.



