En Inde, la 'révolte des cafards' obtient la démission d'un ministre
Inde : révolte des cafards, démission d'un ministre

Le mouvement de protestation des éboueurs de Mumbai, connu sous le nom de « révolte des cafards », a atteint son point culminant ce lundi avec la démission du ministre de l'Assainissement de l'État du Maharashtra, Rajesh Patel. Les travailleurs, qui nettoient les rues et les égouts de la capitale financière indienne, étaient en grève depuis 45 jours pour réclamer de meilleures conditions de travail et une revalorisation salariale.

Un surnom devenu symbole de lutte

Le terme « cafard » est utilisé par les castes supérieures pour insulter les éboueurs, appartenant aux dalits (intouchables). Ces derniers ont décidé de s'approprier cette insulte pour en faire un étendard de leur combat. « Nous avons transformé la honte en fierté. Chaque fois qu'ils nous traitent de cafards, nous pensons à notre résistance », a déclaré Sunita Devi, l'une des meneuses du mouvement.

Une grève qui a paralysé Mumbai

La grève a provoqué une accumulation de déchets dans les rues de la ville, créant des conditions insalubres et une pression sur les autorités. Selon les organisateurs, plus de 15 000 éboueurs ont cessé le travail, soit 80 % de la main-d'œuvre du secteur. La municipalité a dû faire appel à des entreprises privées, mais sans succès. « Sans eux, la ville étouffe », a reconnu un porte-parole de la mairie.

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La démission du ministre, une victoire historique

Rajesh Patel, en poste depuis 2019, a remis sa démission au chef du gouvernement de l'État, invoquant son incapacité à résoudre la crise. « Cette démission, nous l'avons tous vécue comme une victoire personnelle », a confié Ravi Kumar, éboueur depuis 20 ans. « C'est la preuve que notre unité peut faire plier le pouvoir. »

Des revendications encore en suspens

Si la démission est perçue comme un premier succès, les éboueurs restent mobilisés. Ils demandent une augmentation de salaire de 40 %, des équipements de protection et la fin des discriminations. Le nouveau ministre par intérim, Anil Sharma, a promis d'ouvrir des négociations dans les prochains jours. « Nous ne lâcherons rien tant que nos droits ne seront pas respectés », a averti Sunita Devi.

Un précédent pour les travailleurs informels

Ce mouvement est suivi de près par d'autres catégories de travailleurs informels en Inde, qui voient dans cette victoire un exemple. Les chiffonniers de Delhi et les balayeurs de Calcutta ont exprimé leur solidarité. Le sociologue Vishal Singh, spécialiste des mouvements dalits, estime que « cette révolte marque un tournant dans la lutte des intouchables pour la dignité ».

Au-delà de Mumbai, des rassemblements de soutien ont eu lieu dans plusieurs grandes villes indiennes. Le gouvernement central n'a pas encore réagi officiellement, mais la pression monte pour une réforme du statut des éboueurs.

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