Une philosophie de la composition
Dans un entretien accordé à Libération, le designer français Marc Held, 89 ans, livre sa vision du design en le comparant au judo. « En design comme au judo, on ne s’affronte pas, on compose », affirme-t-il. Pour lui, la création d’un objet repose sur une recherche d'équilibre et d'harmonie entre forme, fonction et matière, à l'image des principes de souplesse et d'adaptation du judo.
Un parcours marqué par l'innovation
Né en 1935, Marc Held a marqué l'histoire du design français avec des pièces emblématiques comme le fauteuil « Skipper » (1965) ou la chaise « Kaï » (1968). Ses créations, souvent en polyester ou en matériaux synthétiques, témoignent d'une volonté de modernité et de démocratisation du design. Il a notamment collaboré avec le magasin Prisunic pour diffuser ses meubles à des prix accessibles.
« Le design n'est pas un art pour élite, c'est une réponse aux besoins quotidiens », explique-t-il. Cette approche fonctionnaliste rejoint sa métaphore du judo : « Dans un combat, on ne force pas, on utilise la force de l'autre. En design, on utilise les contraintes de la vie pour créer des solutions justes. »
De l'objet à l'architecture
Depuis les années 1980, Marc Held s'est tourné vers l'architecture, concevant des maisons et des espaces qui prolongent sa philosophie du design. Il y applique les mêmes principes de composition et de respect de l'environnement. « L'architecture est un judo à plus grande échelle : il faut composer avec le terrain, le climat, les usages », déclare-t-il.
L'interview, publiée le 18 août 2025, revient également sur son influence dans le monde du design et sa vision de l'avenir : « Je crois à un design plus humble, plus proche des artisans. Comme au judo, la maîtrise vient avec la pratique et la modestie. »
Un héritage vivant
Marc Held, dont les œuvres sont exposées dans des musées comme le Centre Pompidou, continue de travailler et de transmettre. Il anime régulièrement des ateliers pour les jeunes designers. « Le plus important est de comprendre qu'on ne crée jamais seul. On compose avec les matériaux, les techniques, les gens. C'est ça, l'esprit du judo et du design. »



