Transfert des dauphins de Marineland : inquiétude grandissante pour Dam
Inquiétude pour le dauphin Dam après son transfert à Malaga

Quatre jours après le transfert des huit dauphins de Marineland Antibes vers le delphinarium Selwo Marina de Malaga, les associations Sea Shepherd et Tilikum Spirit ont diffusé les premières images des cétacés dans leur nouveau bassin. Ces clichés alimentent de vives inquiétudes, notamment pour un dauphin nommé Dam, qui semble en grande difficulté.

Des conditions de transfert éprouvantes

Selon les deux ONG, l'opération de déchargement a duré plus de quatre heures et demie sous des températures caniculaires. « Ils ont mis plus de 4h30 à être sortis des camions », indique Christine Ringuet, présidente de Tilikum Spirit. Cette durée excessive, combinée à la chaleur, a constitué un premier facteur de stress pour les animaux.

Les dauphins ont ensuite été répartis en deux groupes : Lua, Dam et Rocky d’un côté, Joe, Anya, Tux, Kai et Neo de l’autre. Si la plupart des individus semblent s'adapter, Dam inquiète particulièrement. « Tout le monde va bien sauf Dam », affirme Christine Ringuet. « Il reste prostré, immobile au milieu du bassin, refusant de s’alimenter si le soigneur ne lui apporte pas la nourriture directement. »

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Deux groupes distincts et des inquiétudes pour Lua

Sea Shepherd se dit également préoccupée par le groupe composé de Lua, Dam et Rocky. La jeune Lua a été séparée de sa mère, restée à Antibes, ce qui aggrave son stress. Les associations notent que ces trois dauphins, habitués à une eau plus fraîche dans leur ancien bassin, subissent un choc thermique important à Malaga, avec « une dizaine de degrés d’écart » selon l'ONG.

Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, évoque une accumulation de facteurs de stress : transport, contention, isolement dans des caisses individuelles, chaleur et découverte d’un environnement inconnu. « L’accumulation de ces facteurs représente une épreuve physiologique importante pour un animal aussi sensible que le dauphin », estime Agnès Benet, chercheuse en éthologie des cétacés, dans une vidéo diffusée par l'association.

Un choc thermique et des signes de détresse

Les images montrent un dauphin immobile en surface, qui ne plonge pas et présente « des bascules de droite à gauche », un signe selon Mme Benet que « l’organisme n’arrive plus à trouver son équilibre ». Ces symptômes indiquent une détresse physiologique aiguë, renforcée par le changement brutal de température de l'eau.

Les ONG critiquent également l'état des installations espagnoles, jugées vétustes et dégradées. « Nous avons récupéré une photo d’un dauphin avec un morceau de béton dans la bouche, sans pouvoir déterminer si celui-ci a été avalé », déclare Lamya Essemlali. Cette image illustre les risques sanitaires auxquels les cétacés sont exposés dans leur nouveau lieu de captivité.

Des installations espagnoles vétustes

Le bassin de Selwo Marina présente des signes évidents de dégradation, selon Sea Shepherd. La présence de débris de béton dans l'eau constitue un danger immédiat pour les dauphins, qui pourraient les ingérer. Les associations appellent à une inspection urgente des lieux par les autorités espagnoles.

L'avenir incertain vers Beauval

Malaga n'est censée être qu'une étape avant un transfert vers le futur centre de captivité du ZooParc de Beauval, qui prévoit de construire un vaste bassin pour accueillir les dauphins. Ce projet est soutenu par Sea Shepherd, qui y voit une solution transitoire en attendant de véritables sanctuaires marins. Cependant, il est contesté par d'autres associations comme One Voice ou C'est Assez !, qui estiment qu'il pérennise la captivité des cétacés. Les recours engagés contre le projet bloquent le début des travaux et entretiennent l'incertitude sur le sort des animaux.

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