À Nice, Patrick Lecuyer, retraité de 73 ans installé depuis 2018, se déplace exclusivement à vélo et témoigne de tensions quotidiennes avec les automobilistes. « Le problème c'est le partage de la route, les tensions sont quotidiennes, on a l'impression de ne pas avoir le droit d'utiliser au même titre que les engins motorisés l'espace public », explique-t-il. Ce constat est partagé par l'association Choisir le vélo, qui œuvre pour le développement de la pratique dans l'ouest des Alpes-Maritimes.
Un réseau cyclable encore incomplet et des points noirs
« La loi est claire. La route est ouverte à tout le monde, tous les usagers sont les bienvenus dessus. Mais la question de la légitimité se pose très souvent pour les cyclistes », résume Paul Peiffer, membre du bureau de l'association. La sécurité reste le principal frein à la pratique : « Il y a encore beaucoup de points noirs sur le territoire. Si vous reliez Antibes à Cannes il y a une section sans aménagements où des voitures à 50 km/h ou plus vous frôlent. C'est la même chose vers Grasse ou Sophia. »
Patrick Lecuyer note que « les pistes cyclables ne sont pas encore partout ». Le réseau, bien que développé, présente des lacunes. « Voilà 10 ans que des aménagements apparaissent. Certains sont très qualitatifs », reconnaît Paul Peiffer, mais d'autres sont « beaucoup moins » adaptés. « Certains n'ont pas d'entrée, ou bien n'ont pas de sortie. Certains sont trop étroits. Le problème c'est que ces zones deviennent des endroits peu utilisés par les cyclistes parce qu'ils ne sont pas adaptés. »
Des aménagements à repenser et une volonté politique nécessaire
Ces aménagements inadaptés risquent de représenter des dépenses publiques peu satisfaisantes. L'association se dit prête à être consultée par les collectivités. Pour Paul Peiffer, « ce n'est pas qu'une question d'argent, il y a la volonté politique ». Il propose deux options pour sécuriser les aménagements : séparer les usages si les véhicules sont trop nombreux ou roulent trop vite, ou réduire leur nombre pour qu'ils ralentissent. « On peut trouver des compromis où il y a une multiplicité des usages », ajoute-t-il.
Cette volonté de partager l'espace suppose aussi de mieux prendre en compte les cyclistes du quotidien, qui représentent « 50 à 60 % de la population » utilisant le vélo. Vivre sans voiture sur la Côte d'Azur demande une organisation et « tout un panel de services ». Pour Paul Peiffer, « l'intérêt d'une politique cyclable, c'est que ça laisse vraiment personne de côté ». Et réguler la voiture « ne veut pas forcément dire qu'on l'interdit ».



