Fumées toxiques des mégafeux : une menace réelle pour la santé ?
Fumées toxiques des mégafeux : une menace réelle ?

Les mégafeux ont triplé à l'échelle de la planète depuis les années 1990, entraînant au moins 100 000 décès par an, alertait l'Organisation météorologique mondiale (OMM) le 7 septembre 2026. Face à ces chiffres alarmants, la question se pose : les fumées toxiques émises par ces feux extrêmes représentent-elles vraiment une menace urgente pour notre santé ? Le dernier rapport de l'OMM estime à 100 000 le nombre de décès annuels imputés à ces émissions entre 2010 et 2018. L'organe des Nations unies qualifie même ces fumées de "menace urgente et croissante sur la santé publique".

Une menace qui se mesure sur le long terme

Les feux extrêmes ont triplé depuis les années 1990, et le nombre de décès attribués à ces phénomènes est particulièrement prononcé en Afrique subsaharienne et en Europe de l'Est, où ils représentent respectivement 28 % et 24 % du total des 100 000 décès recensés. Des chiffres qui peuvent faire peur, mais que le pneumologue Christian Brousse, de la clinique du Parc, tient à nuancer. Selon lui, on ne parle pas d'afflux massif de patients aux urgences à cause de ces émissions, car le problème se joue sur le temps long. "La seule fois où j'ai vu débouler plein de malades de manière atypique, c'était le Covid-19", se souvient le médecin héraultais.

Le danger est réel, mais il n'est pas immédiat : "Mais effectivement, si ça continue comme ça, et si on a des mégafeux en permanence, ben oui, on va dégrader notre environnement respiratoire, et le poumon, forcément, il va être impacté." Christian Brousse reconnaît qu'il "faut préserver notre environnement et effectivement savoir que ce risque existe". Il explique que certaines maladies pulmonaires sont liées à des particules dans l'environnement, comme l'asthme avec le pollen. Dans le cas des incendies, ces réactions ne sont pas allergiques mais toxiques : "Elles peuvent abîmer le poumon, et parfois même le traverser, aller dans le sang, donner des problèmes cardiovasculaires ou neurologiques."

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Des effets immédiats et des conséquences à long terme

Sur le court terme, les réactions sont très diverses et peuvent aller de l'essoufflement léger à la crise d'asthme. Cet été, plusieurs départements d'Occitanie avaient été placés en alerte rouge pollution à cause des fumées des incendies en Gironde, avec pour consigne de limiter les sorties et l'activité physique. L'OMM abonde dans son rapport : "L'exposition aux feux de forêt est liée à l'augmentation des crises d'asthme, des hospitalisations pour des BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), de l'utilisation de médicaments pour des problèmes respiratoires ainsi que des impacts sur la santé mentale et le nombre de naissances."

Les fumées sont d'autant plus toxiques lorsqu'elles se rapprochent des aires urbaines, même sans les toucher, ces dernières étant souvent polluées par des matériaux synthétiques. À ces fumées s'ajoute le monoxyde de carbone, qui, selon Christian Brousse, "représente une toxicité directe. Mais ça va être seulement dans l'environnement immédiat du feu. Les complications à long terme, ce sont celles liées aux particules."

Le pneumologue évoque ainsi des pathologies comme l'asthme, mais aussi les cancers, les emphysèmes, la fibrose et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ces maladies peuvent se développer sur des années d'exposition répétée aux fumées des mégafeux, ce qui rend la menace d'autant plus insidieuse pour les populations vivant à proximité des zones à risque.

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