Sète : des tonnes de figuiers de Barbarie arrachés en forêt des Pierres Blanches
Sète : tonnes de figuiers de Barbarie arrachés en forêt

La forêt domaniale des Pierres Blanches, à Sète, a été envahie ces dernières années par des figuiers de Barbarie, notamment par la prolifération causée par la chute de leurs raquettes. Depuis 2023, l'Office national des forêts (ONF) y arrache les plants pour permettre à la nature de reprendre ses droits. Un bilan a été dressé ce vendredi 23 octobre.

Un chantier de trois ans mené par l'ONF

Les figuiers de Barbarie, c'est piquant, c'est joli et cela donne des fruits que l'on peut déguster. Mais c'est surtout une plante envahissante qui étouffe la nature. Après trois ans de chantier menés par l'ONF sur la forêt des Pierres Blanches à Sète, les plantes de ce type sont largement moins nombreuses. « On en a enlevé des tonnes », lâche Marie Parrot, la responsable de l'unité territoriale de l'Office national des forêts, au cours de la visite de fin d'intervention – appelée « inauguration de la fin du chantier d'enlèvement » – menée ce vendredi.

Au petit jeu du avant/après, le spectacle est saisissant. Des chemins jusqu'alors envahis ont retrouvé toute leur largeur. Des restanques surpeuplées ne présentent désormais plus que leurs pierres.

Une propagation rapide et nuisible

La plante ornementale amenée du Mexique, dont certains se servent comme haie pour délimiter leurs terrains, avait littéralement colonisé plusieurs espaces des 23 hectares de la forêt domaniale. Avec un système de propagation tout simple. « La moindre raquette de figuier qui tombe au sol fait immédiatement des racines », explique la spécialiste. Et il y a aussi les graines issues des fruits. Tous les ingrédients pour une colonisation rapide. Qui, de fait, empêche toute la végétation de survivre. Localement, elle remplace la pelouse à brachypode, les prairies caractéristiques des garrigues.

Pendant trois ans, sur des sessions annuelles de quinze jours à trois semaines, les agents de l'ONF ont enlevé, à la main, les exemplaires de cette plante classée comme espèce exotique envahissante. « Il y en avait environ neuf hectares sur les vingt-cinq du site », expose Marie Parrot. Le tout a été placé dans de grands sacs à destination des déchetteries pour devenir du compost.

Des repousses à surveiller

Mais cette histoire ressemble à s'y méprendre au mythe de Sisyphe. En effet, les parties traitées en premier en 2023 présentent quelques goguenards figuiers de Barbarie. Plus loin, au bord du chemin, une multitude de petits plants au vert très léger sont alignés comme pour un défilé de jouteurs. Bref, l'Office national des forêts va, de nouveau, intervenir pour essayer d'enrayer toute nouvelle propagation. Dans les prairies des Pierres Blanches, sous leurs pieds il y aura des cactus. Ils se piquent de le savoir.