Chaque printemps, les planches de Cayeux-sur-Mer se parent de minuscules maisonnettes multicolores, 500 au total, qui semblent s’étendre à l’infini le long de la plage de galets. L’actrice, réalisatrice et écrivaine Anne Brochet les connaît bien. Enfant, elle y passait les grandes vacances avec ses parents, sa tante et ses cousines. Plus précisément, dans celle baptisée « Valmondois », du nom du village familial, dans l’Oise. La petite baraque de quelques mètres carrés avec vue sur mer existe toujours.
Une quête personnelle
Mais aujourd’hui, Anne Brochet aspire à « une cabine à elle », référence assumée au livre de Virginia Woolf, « Une chambre à soi ». Double coup de chance, elle obtient la dernière disponible, peinte en jaune orangé et turquoise, et celle-ci porte le nom « A et H », son initiale et celle de son compagnon, Harbeer. L’amoureux est pourtant aux abonnés absents, ne comprenant pas l’intérêt de vivre dans ces abris sans électricité. Anne Brochet finira par renommer le sien d’un facétieux « Seule ».
Rencontres et philosophie
Avec son charme fantasque et son humour malicieux, elle part à la rencontre de tous ceux qui, le temps d’un été, se délectent de leur refuge offrant un art de vivre minimaliste et propice à la rêverie. Lorsqu’ils sont loués auprès de la municipalité, ces petits cabanons de plage portent, pour la plupart, un nom de ville : Lens, Sanary-sur-Mer, Vannes… Une invitation au voyage immobile.
« Ne vaut-il d’ailleurs pas mieux rêver sa vie plutôt que de la vivre ? » C’est bien l’avis de Wilfried, estivant philosophe, propriétaire de la cabine « Or du temps ». Ces dénominations donnent parfois lieu à des conversations cocasses. Danièle raconte ainsi son dernier séjour à « Perros-Guirec ». La cabine, pas la ville bretonne.
Une parenthèse poétique
Tandis que le cirque Zavatta s’installe juste à côté, la réalisatrice saisit l’occasion pour échanger avec ceux qui sont en perpétuel mouvement, sous le chapiteau comme sur les routes. Elle-même est en pleine réflexion pour « choisir où [elle a] envie de rester ». Une parenthèse ludique et poétique qui offre aussi à Anne Brochet de se replonger dans ses souvenirs d’enfance, avec son père, Yves.
Documentaire d’Anne Brochet et Pierre-Alain Giraud (2025). 1h02. Disponible en replay sur TV5 Monde+.



