Dead City saison 3 : Maggie et Negan, le pardon et l'immigration
Dead City saison 3 : le pardon et l'immigration

Dans un Manhattan ravagé par les morts-vivants, une veuve et l'homme qui a assassiné son mari sous ses yeux rallument ensemble la Statue de la liberté. L'image, saisissante, résume le virage que prend la troisième saison du spin-off The Walking Dead : Dead City, diffusé dès ce lundi à 21 heures sur OCS, qui met en scène deux héros de la série d'origine, Maggie Greene (Lauren Cohan) et Negan (Jeffrey Dean Morgan), dans les ruines de Manhattan. Un tournant marqué par le pardon, l'humour et une puissante réflexion sur l'immigration.

La fin de la guerre entre Negan et Maggie

« Negan et Maggie vont essayer de ne plus se détester », résume Seth Hoffman, que 20 Minutes a rencontré au Festival de Télévision de Monte-Carlo. Le pari est vertigineux : quand ces deux ennemis mortels parviennent à travailler ensemble, tout se transforme. « Ils deviennent de meilleures personnes, de meilleurs combattants, de meilleurs leaders. Tout change quand ils lâchent la peur et la colère », détaille le showrunner. « Et en plus, on fait ça avec un certain sens de l'humour », se réjouit Jeffrey Dean Morgan, qui incarne Negan depuis plus de dix ans.

Cette évolution le maintient dans le rôle. « C'est encore nouveau pour moi chaque année, parce qu'on ajoute toujours quelque chose au personnage », confie l'acteur. Et de savourer un détail inédit : « Voir Maggie sourire… Je ne l'avais pas vue sourire depuis dix ans. »

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Lauren Cohan parle, elle, d'un éveil. « C'est la première fois que Maggie comprend que se définir par le deuil ne la sert plus », analyse la comédienne. Le trauma qui fondait son personnage depuis dix-sept ans de franchise devient paradoxalement le lien qui l'unit à son ancien bourreau. « Parfois, on ne comprend pas pourquoi certaines personnes restent dans notre vie. Il y a quelque chose de plus grand. »

Symbole de cette transformation : Lucille, la batte iconique de Negan, autrefois arme terrifiante, est devenue une simple béquille sur laquelle s'appuie un homme blessé. « Elle sera toujours avec lui, c'est le rappel de ce jour terrible. Mais il n'est plus cette personne-là », souligne Seth Hoffman. Le ton devient aussi plus léger. Le showrunner revendique d'ailleurs avoir « volontairement injecté davantage d'humour cette saison ». Sa recette : « On veut que chaque épisode contienne quelque chose de drôle, quelque chose de triste, quelque chose de beau, quelque chose d'étrange et quelque chose d'effrayant. »

Une saison sur l'immigration

Le renouveau de Dead City dépasse la réconciliation de ses deux héros. La saison s'empare des monuments de New York – Statue de la liberté, Empire State Building, Broadway, Grand Central Station – pour ancrer son récit dans une réflexion sur l'accueil de l'autre. Si Maggie et Negan mettent leurs différends de côté, c'est pour bâtir la première communauté prospère de Manhattan depuis l'apocalypse zombie.

« C'est littéralement une saison sur l'immigration », assume Seth Hoffman. « C'est un monde où les gens ont peur des autres », résume-t-il. Pas de passeports ni de doctrines juridiques dans cet univers postapocalyptique, mais une question universelle : faut-il avoir peur de l'étranger ? Le showrunner décrit l'arc de Maggie, d'abord terrifiée à l'idée d'accueillir des inconnus dans sa communauté, avant de comprendre que l'inclusion apporte la vie. « Nous savons que tout le monde aux États-Unis ne partage pas l'idée qu'accueillir davantage de gens est ce qu'il faut faire, reconnaît-il. Cette saison va poser cette question. » La série ne prétend pas imposer de réponse, précise le showrunner, « mais donner voix aux différentes positions ».

L'image de la Statue de la liberté rallumée touche particulièrement Lauren Cohan, double citoyenne américano-britannique. « La plupart des gens qui sont venus aux États-Unis fuyaient une certaine hiérarchie », rappelle-t-elle. Et la comédienne d'interroger : « Que reste-t-il pour nos enfants si on n'accueille personne et si on ne construit pas quelque chose de plus grand que nous ? »

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Un miroir tendu au présent

« La série ne dira jamais aux gens ce qu'ils devraient croire, assure-t-il. Mais elle veut qu'après l'avoir regardée, on réfléchisse au monde dans lequel on vit. » Nul doute qu'elle résonnera de manière particulière dans l'Amérique de Donald Trump et de l'ICE.

Seth Hoffman explore aussi la solitude masculine à travers un nouveau personnage, Dillard (Jimmi Simpson), un homme coupé du monde depuis dix ans qui sert de mise en garde pour Negan. Mais le showrunner refuse tout didactisme.

Malgré les rumeurs, cette troisième saison n'a pas été écrite comme une conclusion de la saga. Seth Hoffman a profité du festival monégasque pour pitcher ses premières idées de saison 4 à ses deux acteurs. « On est tous enthousiastes », glisse-t-il. Si l'espoir est le thème de cette saison, il en est aussi, visiblement, le carburant !