La métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) a décidé de vendre la « Villa romaine », une demeure néoclassique située dans le quartier Chateaubriand à Hyères. L'annonce a été faite par la maire Véronique Bernardini lors du conseil municipal qui s'est tenu vendredi, après près de cinq heures de débats. Cette décision intervient dans un contexte de redressement financier du centre d'art contemporain Villa Noailles, qui accumule une dette importante.
Une vente actée pour la Villa Romaine
La maire, également deuxième vice-présidente de la Métropole, a confirmé que « la présidente de TPM a validé la vente de la Villa Romaine ». Cette hypothèse, évoquée par Jean-Pierre Giran, alors maire de Hyères et président de TPM, au printemps 2025, se concrétise donc. La bâtisse, construite en 1880, est la propriété de TPM depuis 2018. Elle dispose d'un jardin exotique avec vue sur mer et a été confiée au centre d'art, qui y a organisé des expositions en 2019 et 2020, avant de l'utiliser pour stocker ses collections.
Interrogée sur les conséquences de cette mise en vente, la Villa Noailles, par la voix de son nouveau directeur Hugo Lucchino, a indiqué : « Nous allons déplacer nos collections dans un nouveau lieu de stockage et profitons de ce déménagement pour mettre à jour l'inventaire de ces dernières. » Aucun autre commentaire n'a été fait. La Métropole n'a pas précisé le calendrier de la vente ni le prix demandé. En 2018, le bien avait été acquis pour 1,5 million d'euros.
Un historique immobilier complexe
La vente de la Villa Romaine pourrait soulever des questions en raison de son historique. La bâtisse est entrée dans le patrimoine métropolitain à la suite d'une donation au château de Versailles. Jean Joeriman, propriétaire pendant 60 ans, avait décidé qu'à sa mort, survenue en 2012, le palais du Roi Soleil récupère le bien pour lui conférer une vocation artistique. En 2018, lorsque le Président François Hollande a accordé le titre de centre d'art d'intérêt national à la Villa Noailles, l'idée de confier la bâtisse à l'association a émergé.
TPM a racheté le bien avec le soutien d'un partenariat public-privé. La Métropole avait sorti 300.000 €, complétés par des subventions de l'État (400.000 €), de la Région (283.000 €) et du Département (280.000 €). Les maisons Chanel et Hermès, ainsi que les fondations Fiorucci et Carmignac, avaient également contribué. Ces financeurs pourraient avoir leur mot à dire si la vente se précise.
La dette de la Villa Noailles en voie de résorption
Lors de la séance, Véronique Bernardini a fait le point sur la situation financière de l'association. « Le montant total de la dette était en début 2025 de 4 millions d'euros. En décembre 2025 la Villa avait remboursé 1,947 million d'euros », a-t-elle rappelé. À ce jour, « la structure a remboursé un total de 2,856 millions d'euros. Les petits créanciers en dessous des 10.000 euros ont d'ores et déjà été payés. Concernant les créanciers plus importants ils ont tous été contactés afin d'établir avec eux un plan de remboursement ».
La dette s'est toutefois alourdie avec de nouvelles charges issues de redressement et de contrôle en 2025. La SACEM a notamment présenté une facture d'arriérés de 254.000 €, et un contrôle de l'URSSAF s'est conclu par un rappel de 250.000 €. La maire a conclu que « le remboursement total de la dette est prévu pour 2029 ».
La ville de Hyères réduit sa subvention
La ville de Hyères, qui soutenait la structure, a réduit sa subvention de fonctionnement. Celle-ci, d'un montant de 156.000 €, inchangée depuis 2019, a été diminuée d'un tiers en 2026 pour atteindre 104.000 €. Cette réduction s'inscrit dans le cadre du plan de redressement demandé aux collectivités. Aucune annonce supplémentaire n'a été faite à ce stade.