Manifestation du 29 septembre : 30.000 à 70.000 agents publics dans la rue
30.000 à 70.000 agents publics manifestent à Paris

Entre 30.000 et 70.000 agents du service public ont défilé à Paris ce mardi 29 septembre pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et de leur pouvoir d'achat. Les chiffres divergent selon les sources : le ministère de l'Intérieur avance 30.000 manifestants, tandis que les syndicats en comptent 70.000. Au cœur de la colère, le gel du point d'indice, reconduit par le gouvernement pour le budget 2027, qui sert au calcul du traitement de base des fonctionnaires.

Un cortège uni contre la perte de pouvoir d'achat

Dans le cortège, les professeurs côtoyaient les personnels de santé, des finances publiques, des services judiciaires ou encore de la police. Sur une pancarte de tête du groupe CGT, mené par la secrétaire générale Sophie Binet, on pouvait lire : « Services publics à l'os, payes et moyens idem ». Les manifestants dénoncent un manque à gagner pour les fonctionnaires, alors que les fins de mois sont déjà compliquées pour certains, entre la hausse du prix du carburant et l'inflation.

Les syndicats espèrent désormais peser sur les arbitrages du gouvernement pour le prochain budget, dont la présentation est prévue ce jeudi. Sophie Binet a prévenu : « Tant que les revendications n'ont pas été entendues, on continue à se mobiliser. »

Des témoignages poignants de difficultés financières

Annie, AESH dans les Hauts-de-Seine, âgée de 56 ans, ne touche que 1.300 euros net par mois. Elle explique : « Je dois faire 30 kilomètres matin et soir pour aller dans mon établissement. Avec le litre à plus de 2 euros 20, ça revient très cher. » Elle a réduit ses dépenses au maximum, mais a dû contracter un prêt de 200 euros pour finir le mois. « Ce n'est quand même pas normal de se lever pour aller travailler, de se priver, et d'avoir quand même besoin d'un prêt à la fin du mois », s'exclame-t-elle.

Icham, agent pénitentiaire de 32 ans, titulaire dans une maison d'arrêt francilienne depuis six ans, touche environ 2.500 euros nets par mois, primes comprises. Il dénonce un salaire trop variable : « Le problème, c'est que mon salaire réel dépend aussi de tout ce que je fais en plus. Si je veux maintenir mon niveau de revenus, je dois prendre des heures supplémentaires. Mais ça veut dire moins de temps pour moi et surtout avec mon fils qui a 6 mois. » Il ajoute : « Ce n'est pas un caprice de demander une revalorisation de nos salaires. »

Personnels de santé et enseignants également mobilisés

Tania, infirmière de 44 ans dans un hôpital public de Paris, perçoit un peu moins de 2.000 euros nets par mois. Elle constate que les courses représentent une part de plus en plus importante de son budget : « Je regarde davantage les prix, je prends moins de produits que je considère comme superflus. » Elle prévient : « Si les prix continuent d'augmenter et que le salaire ne suit pas, soit je réduis mes dépenses, soit je travaille davantage. Et les deux ne sont pas vraiment des solutions. »

Eloi, professeur des écoles en Seine-Saint-Denis, touche environ 2.400 euros nets par mois. Avec deux enfants, il doit surveiller ses dépenses : « Une dépense imprévue qui restait avant une dépense imprévue. Aujourd'hui, elle peut déséquilibrer tout le mois. » Sur sa pancarte, on peut lire : « Où est mon point d'indice ? » Il se dit inquiet : « On peut nous dire que notre salaire augmente avec l'ancienneté, mais avec tous les prix qui augmentent j'ai quand même l'impression de perdre du pouvoir d'achat. »

Les pompiers se sont également joints au cortège dès la place de la Bastille, avant de terminer la manifestation place de la Nation. Après cette mobilisation, les syndicats espèrent que leurs revendications seront entendues lors de la présentation du budget ce jeudi.