L'Agence France Trésor (AFT) a annoncé mardi que l'État français prévoit d'emprunter un montant record de 340 milliards d'euros en 2027, contre 310 milliards d'euros en 2026. Cette hausse, qui reflète le remboursement de titres émis pendant les crises sanitaire et énergétique, s'accompagne d'une charge de la dette alourdie par la hausse des taux d'intérêt.
Un besoin de financement en hausse de 28 milliards
Dans son communiqué, l'AFT précise que « le besoin prévisionnel de financement de l'État atteindra 339,7 milliards d'euros, en hausse de 28 milliards d'euros par rapport au besoin de financement 2026 actualisé ». Ce besoin sera couvert par « le programme d'émissions de titres d'État à moyen et long terme à hauteur de 340 milliards d'euros net de rachats ». Pour 2026, les émissions de dettes restent inchangées à 310 milliards d'euros.
L'augmentation s'explique « aux amortissements de titres de moyen et long terme qui augmentent de 19,4 milliards d'euros, les émissions réalisées au cours des dernières années, notamment pour faire face aux chocs de la crise sanitaire et de la crise énergétique, arrivant progressivement à maturité », détaille l'AFT. L'agence mentionne également « l'appel au marché pour prendre le relais du financement européen du plan national de relance et de résilience (PNRR) qui arrive à échéance fin 2026 (qui représentait 6,1 milliards d'euros en 2026) ».
Une charge de la dette en forte progression
La charge budgétaire de la dette de l'État est prévue à 72,9 milliards d'euros en 2027, contre 62,6 milliards d'euros en 2026, selon les chiffres de la loi de finances 2026. Le ministère de l'Économie évoque, lui, 65 milliards d'euros pour 2026, en raison d'une méthode de calcul légèrement différente. Le directeur général de l'AFT, Antoine Deruennes, a expliqué que « la nouvelle dette est émise à un taux qui est très supérieur aux dettes qui arrivent à échéance ».
L'État avance l'hypothèse d'un taux d'intérêt de 4,3 % en 2027 pour ses emprunts à dix ans sur le marché obligataire. Ce mardi, les titres de dettes françaises à dix ans affichent un rendement encore supérieur de 4,80 %, en écart constant avec l'Allemagne. La France est prise dans un mouvement mondial de hausse des taux d'intérêt, provoqué notamment par la guerre au Moyen-Orient. Face à l'inflation, la Banque centrale européenne a procédé à deux hausses de taux cette année, et la Réserve fédérale une fois, et les taux longs augmentent sur les marchés obligataires.
Un périmètre limité à l'État
Ces chiffres ne concernent que la dette des administrations de l'État (ministères, agences), et non l'ensemble de la dette publique qui inclut également la Sécurité sociale et les collectivités locales. Cette annonce intervient alors que la dette publique française devrait grimper jusqu'à 121,7 % du PIB en 2027, un niveau inédit depuis 30 ans, selon les dernières prévisions.