Une nouvelle vie parmi les abeilles en Lozère
Il y a un an, Mathilde Andrieu a radicalement changé de voie professionnelle. Après avoir travaillé dans l'hôtellerie-restauration et le tourisme, cette jeune femme originaire de Saint-Laurent-d'Olt a décidé de se lancer dans l'apiculture. Aujourd'hui, à la tête de sept ruchers, elle entame sa deuxième saison avec sa marque L'abeille vie, qui valorise les territoires lozériens et les acteurs locaux.
Un parcours guidé par la passion
Le déclic s'est produit lors d'une expérience de Wwoofing (Worldwide Opportunities on Organic Farms) dans les Alpes, où Mathilde a découvert l'apiculture aux côtés d'un professionnel. Cette première immersion a été suivie d'une saison salariée chez un apiculteur en Haute-Loire. C'est le soutien de ses parents, qui ont repris l'exploitation apicole de son oncle en Aveyron, qui l'a finalement poussée à sauter le pas.
Pour se former, Mathilde a suivi un brevet professionnel responsable d'entreprise agricole (BPREA) à Marvejols pendant près d'un an. « C'est un département que j'adore et où je me sens bien. J'ai toute ma famille ici », confie-t-elle avec enthousiasme.
Une entreprise aux multiples facettes
Contrairement à de nombreux apiculteurs qui commencent comme salariés, Mathilde a directement créé sa propre structure. Elle partage des locaux avec ses parents à Miège-Rivière, mais leurs productions restent distinctes. « La mise en pot, c'est uniquement ma partie ! » précise-t-elle. Ses parents ont opté pour la vente en gros, tandis qu'elle a développé sa marque avec une approche marketing.
La jeune entrepreneuse propose six variétés de miels provenant de différents lieux en Lozère, chaque pot indiquant précisément son origine. Elle a également lancé une boutique en ligne fin 2025 et envisage d'ouvrir un point de vente physique d'ici deux ou trois ans, avec « un petit coin musée et peut-être une ruche pédagogique ».
Innovation et ancrage local
Mathilde ne se contente pas de vendre du miel. Elle développe des coffrets comprenant des caramels et des pâtes à tartiner au miel pour toucher un public plus large, notamment les jeunes. « Je trouvais ça sympa pour toucher un autre public, car tout le monde n'aime pas le miel », explique-t-elle.
Son engagement local se manifeste à tous les niveaux :
- Le design de ses pots est réalisé par un graphiste canourguais
- Elle collabore avec la savonnerie lozérienne Pappus pour un savon au miel
- Un céramiste local crée des pots spéciaux
- Ses ruches sont fabriquées en Aveyron
« Je vends du miel que les gens choisissent d'acheter local, donc autant privilégier le local pour tout ce qui est lié à mon entreprise », affirme-t-elle avec conviction.
Reconnaissance et projets d'avenir
La qualité de ses produits a déjà été récompensée : Mathilde a reçu un coup de cœur pour son miel d'acacia au concours 2025 des miels de Lozère. Elle propose également du parrainage de ruche, permettant aux particuliers de « soutenir l'agriculture locale, les petits producteurs ou encore la biodiversité ».
Parmi ses nombreux projets :
- Développer de nouveaux formats pour événements, mariages et gîtes
- Travailler avec des trails pour inclure ses produits dans les récompenses aux coureurs
- Obtenir le label d'agriculture biologique d'ici un ou deux ans
« C'est un métier hyper prenant, mais ça avance bien. J'ai de plus en plus de points de vente », se réjouit Mathilde. Elle estime cependant qu'il lui faudra quatre ou cinq ans pour développer pleinement toutes ses idées.
À travers L'abeille vie, Mathilde Andrieu démontre qu'une reconversion réussie allie passion, innovation et profond ancrage territorial. Son parcours inspire ceux qui rêvent de donner un nouveau sens à leur vie professionnelle au service de l'environnement et du local.



