Vtubing : le phénomène des streamers en avatars anime expliqué
Vtubing : le phénomène des streamers en avatars anime

Squeezie, Maghla, Zerator… vous avez sûrement déjà lu ou vu leurs visages. Tous créateurs de contenu sur la plateforme Twitch, ou plutôt streamers, ils s’affichent, face caméra, jouant aux jeux vidéo, racontant des histoires ou récoltant même des dons lors d’événements caritatifs comme le Zevent.

Mais sur Twitch, et même sur d’autres plateformes, vous verrez aussi des streamers un peu différents. Des avatars, souvent semblables à des personnages de mangas ou d’animés japonais. Ce sont les Vtubers. Ils sont plusieurs milliers, principalement sur Twitch, YouTube et la plateforme chinoise Bilibili. À l’occasion de la TwitchCon 2026 à Rotterdam (Pays-Bas) ce week-end, 20 Minutes vous explique le phénomène.

Made in Japon

Le Vtubing est apparu dans les années 2010 sur les plateformes de streaming américaines et chinoises (entendons Youtube, Twitch et la plateforme chinoise BiliBili). Les premiers à créer leurs avatars étaient des streameuses. La plus emblématique d’entre elles, c’est KizunaAI. Avec plus de trois millions d’abonnés, elle s’est fait un nom sur Internet, au point d’avoir son propre concert sur Fortnite. C’est grâce à elle que KatChan, streameuse a découvert le Vtubing : « Je n’avais aucune idée qu’il y avait une vraie personne derrière l’avatar. Je croyais que c’était une vocaloid, un logiciel qui synthétise une voix et avec lequel on peut créer de la musique, comme pour la chanteuse Hatsune Miku. »

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Mais à la différence de la pop star virtuelle mondialement connue, derrière les avatars des Vtubeurs, ce sont bien des personnes réelles. Des logiciels traquent les mouvements de leurs visages, pour ensuite les reproduire sur leurs avatars. Ce qu’il reste, ce sont les designs. Comme pour Hatsune Miku, l’esthétique des Vtubeurs est presque à 100 % inspirée des animés et des mangas japonais. Mais si vous voulez être unique, cela a un coût : « Mon ancien avatar, utilisable uniquement par moi, m’avait coûté environ 8.000 euros », explique KatChan, « mais celui que j’utilise actuellement vaut 120 euros. Seulement, tout le monde peut l’acheter. »

Une échappatoire aux dangers d’internet

La majorité des Vtubeurs et Vtubeuses le sont devenus car c’est un des meilleurs moyens pour conserver son anonymat. Car être se montrer sur Internet, c’est prendre le risque de faire face aux haters. Encore plus en tant que femme. « J’ai commencé j’ai commencé mon aventure sur Internet en tant que streameuse facecam, donc avec une webcam, ma tête, etc., raconte KatChan. J’avais toujours peur soit de ne pas être assez habillée, soit au contraire d’être trop habillée, de ne pas être assez maquillée, etc. Le stream devenait un calvaire alors que c’est un hobby que j’adore. »

La jeune femme précise cependant : « Ça m’arrive de montrer mon visage, pour des défis avec les abonnés par exemple. Sinon je montre très régulièrement mes mains. » Un moyen pour elle de rassurer certaines marques qui pourraient se demander comment faire pour créer un lien avec le spectateur.

Un côté plus sombre

Pour le grand public, cependant, le Vtubing n’a pas forcément bonne presse. Il est souvent associé à la sexualisation, avec des avatars féminins ultra-sexualisés malgré des traits enfantins. Pour KatChan, cela vient du fait que les plus gros Vtubeurs sont connus pour cela. « Mais ce n’est pas la majorité. Il y a des gens qui font du Vtubing de manière classique. Sans la partie « OnlyFans » disons. »

Cette mauvaise réputation vient aussi d’une blague faite par un Vtubeur. Il y a quelques années, un streamer a simulé le fait que sa caméra avait buggé, et laisser apparaître son vrai visage derrière son avatar féminin. Mais la communauté était parfaitement au courant, contrairement à ce que la presse ou les réseaux sociaux ont pu relayer.

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Mais pour KatChan, qu’un homme soit derrière un avatar féminin ne représente pas forcément un problème. « Si un homme souhaite être plus créatif avec un avatar féminin je ne verrai pas le problème. » Pour elle, l’avantage du Vtubing c’est que « on peut être littéralement ce qu’on veut. Si demain j’ai envie de dessiner une chaise et de l’animer, je peux être une chaise. Je trouve que c’est super de pouvoir se dire quitte à streamer avec un avatar qui ne reflète pas à 100 % ce qu’on est derrière l’écran, autant partir dans quelque chose de plus fantaisiste. »