Francis Marmande : 12 raisons de redécouvrir une plume unique
Francis Marmande : 12 raisons de redécouvrir une plume unique

Francis Marmande, figure singulière du journalisme et de la littérature françaises, est mort le 18 juillet 2026 à l'âge de 78 ans. Critique de jazz au Monde, romancier, essayiste et aficionado de la tauromachie, il laisse une œuvre foisonnante et inclassable. Retour sur douze raisons de redécouvrir sa plume unique.

Un style inimitable

Marmande écrivait comme personne. Sa prose, mêlant argot, néologismes et références savantes, était immédiatement reconnaissable. Il disait vouloir « faire danser la langue », et ses phrases valsaient entre le poétique et le trivial.

Le jazz comme obsession

Pendant plus de trente ans, il a couvert le jazz pour Le Monde. Ses chroniques, souvent vibrantes, ont contribué à faire connaître des musiciens comme Cecil Taylor ou Ornette Coleman. Il considérait le jazz comme « une musique de résistance » et y voyait un art de l'instant.

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Romancier de l'absurde

Il a publié une douzaine de romans, dont La Nuit de feu (2001) et Les Enfants de la nuit (2005). Ses récits, souvent teintés d'humour noir, exploraient les marges de la société et les absurdités du quotidien.

Passion taurine

Marmande était un aficionado passionné. Il a consacré plusieurs ouvrages à la corrida, comme Toros ! (1990), où il défendait cette pratique comme un art tragique. Il y voyait une métaphore de la condition humaine.

Un homme de radio

Il a été chroniqueur sur France Culture, où sa voix rocailleuse et son verbe haut en couleur faisaient merveille. Ses interventions, souvent improvisées, étaient attendues comme des moments de liberté.

L'ami des artistes

Marmande fréquentait les peintres, les musiciens, les écrivains. Il a été proche de Pierre Bergounioux, de Jean-Luc Parant, et de nombreux jazzmen. Son appartement parisien était un lieu de passage pour les créateurs.

Un esprit libre

Il n'a jamais cédé aux modes ni aux pressions. Au sein du Monde, il était respecté pour son indépendance d'esprit. Il pouvait consacrer une pleine page à un musicien méconnu, contre l'avis de sa hiérarchie.

L'écrivain du Sud

Né à Bordeaux, il était profondément attaché à la Gascogne et à l'Espagne. Ses livres sont imprégnés de la lumière du Sud, des odeurs de la garrigue et du rythme des fêtes de village.

Un maître de la chronique

Ses chroniques du Monde étaient devenues un rendez-vous. Il y parlait de tout : d'un concert de jazz, d'un match de rugby, d'un livre, d'un film. Chaque texte était une petite œuvre d'art.

Le goût des mots

Il aimait les mots rares, les expressions oubliées, les jeux de langage. Il a même inventé un dialecte personnel, mêlant le français, l'espagnol et le gascon. Ses lecteurs devaient parfois se munir d'un dictionnaire.

Un homme discret

Malgré sa notoriété, Marmande restait modeste. Il fuyait les mondanités et les honneurs. Il refusait les invitations aux émissions de télévision, préférant la solitude de l'écriture.

Un héritage vivant

Son œuvre, bien que dispersée, continue d'influencer de jeunes écrivains et journalistes. Plusieurs recueils de ses chroniques ont été publiés après sa retraite, comme Jazz, etc. (2015).

Francis Marmande laisse le souvenir d'un homme libre, d'un écrivain généreux et d'un passeur de cultures. Sa disparition est une perte immense pour la littérature et le jazz.

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