Guy Bonnecaze : double vainqueur de la Saint-Louis se confie
Guy Bonnecaze : double vainqueur de la Saint-Louis

À deux jours du tournoi de joutes du 14 juillet à Frontignan, Guy Bonnecaze, ancien champion en catégorie poids lourd, évoque, à 71 ans, une carrière bien remplie. Ses succès, ses regrets, ses blessures. S'il a cessé de monter depuis 2000 sur le plancher de la barque, pavois dans une main, lance dans l'autre, les joutes restent une passion toujours chevillée au corps de Guy Bonnecaze, au point qu'il en rêve encore certaines nuits. « Les joutes, je les ai dans le sang », confie l'ancien champion.

Des débuts difficiles

Tombé tout petit dans la marmite des joutes, comme Obélix dans le chaudron, enfant, le natif de Frontignan préférait déjà les tournois aux manèges. Pourtant, sa première participation au tournoi de Frontignan, en 1971, à l'occasion de ses 16 ans, est loin d'être couronnée de succès, au point que son grand-père, venu assister aux joutes, lui conseille gentiment de rester plutôt à quai, après sa chute dans l'eau. En « vrai ventre bleu », comme il se qualifie, le natif de Frontignan passe outre et persiste. Trois ans plus tard, ses efforts paient. En 1974, il remporte son premier tournoi lors de la fête de La Peyrade. René Ajmone, pilier de la Société des jouteurs frontignanais (SJF), le remarque alors et l'invite à rejoindre l'association. Près de cinquante ans plus tard, Guy Bonnecaze y est toujours.

La consécration à la Saint-Louis

« La Saint-Louis, c'est comme la coupe du monde de football. On rêve tous de la gagner », raconte Guy Bonnecaze. Sa première participation au tournoi le plus prestigieux de la région restera à jamais gravée dans sa mémoire. Face à Vincent Sersante, il parvient à le mettre à l'eau, mais sa lance se coince dans le pavois adverse, ce qui lui vaut d'être disqualifié, mais pas abattu. « J'étais quand même heureux, car c'était ma première Saint-Louis. » Il lui faudra attendre 1983 pour décrocher le titre. Ce jour-là, face au grand favori, Jean-Marie Nocca, puis au champion Hubert Montel, tout s'enchaîne parfaitement. Il finira par décrocher le premier prix de la Saint-Louis en poids lourd six ans plus tard en 1983. « J'ai enfin pris ma revanche. Après la première passe, je l'ai jeté à l'eau comme un malpropre », se réjouit-il encore à ce souvenir merveilleux. Viendront ensuite une nouvelle Saint-Louis en 1984, un titre de champion de France en 1989, deux finales en Coupe de France et une dizaine de tournois régionaux. « Je n'ai pas le palmarès d'un Claude Massias, mais je me suis bien défendu. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les secrets d'un bon jouteur

S'il est monté à plusieurs reprises sur les podiums, ce n'est pas le fruit du hasard. Pour être un bon jouteur, « il faut écouter les conseils qu'on nous donne et les mettre en pratique. Après, il faut jouter un maximum avec le pavois et pas avec la lance. Le pavois, c'est primordial. Il faut également de la force, avoir le pied marin, être malin, et même un peu vicieux, ça sert toujours », dit-il dans un éclat de rire.

La retraite forcée par les blessures

C'est une accumulation de blessures sérieuses – déchirure musculaire conséquente, double fracture de la mâchoire, perforation abdominale par une lance – qui le contraint à raccrocher en 2000. « L'envie y est toujours, même si j'aurais du mal à remonter sur le haut du plancher et si je prends un bain », plaisante-t-il. Depuis, Guy Bonnecaze s'investit autrement au sein de la SJF, assurant notamment la coprésidence durant une dizaine d'années jusqu'en 2020, avant de passer le flambeau. Aujourd'hui encore, il donne un coup de main pour la préparation et le jour des tournois, entre la buvette et les quais, là où on a besoin de lui. « J'aimerais qu'ils me mettent dehors, mais ils ne veulent pas », s'esclaffe-t-il.

Un regard sur l'avenir

Son vrai regret aujourd'hui est la désaffection des jeunes, même si parmi eux des graines de champion émergent. « Quand je m'occupais de l'école de joutes, il y avait une centaine de petits, à présent ils ne sont même pas cinquante. On est un peu au creux de la vague. On n'est plus en capacité de gagner des joutes tous les dimanches comme avant. » Mais Guy Bonnecaze reste là, fidèle au poste. Jouteur un jour, jouteur toujours.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale