Détenu dénonce conditions insalubres à la prison de Nîmes
Détenu dénonce conditions insalubres à Nîmes

Placé en détention provisoire depuis le 17 juin dans le cadre d’une affaire de violences conjugales, un prévenu a demandé sa remise en liberté en raison des conditions jugées insalubres à la maison d’arrêt de Nîmes. « Il y a des punaises de lit, on est trois par cellule et des personnes ont la gale », a-t-il déclaré vendredi 10 juillet devant le tribunal.

Des conditions de vie dénoncées comme indignes

Le détenu, incarcéré au 4e étage, a décrit des difficultés respiratoires dans les cellules, l’absence de ventilateurs, et une limitation à trois douches par semaine. « C’est très compliqué de respirer dans les cellules. On n’a pas de ventilateurs. Et on a droit qu'à trois douches par semaine, donc côté hygiène, c’est pas terrible », a-t-il ajouté.

Ces conditions ont conduit l’ancienne bâtonnière Me Khadija Aoudia et Me Arnaud Lemoine à déposer une plainte le 8 juillet pour « non-assistance à personne en danger ». Une mère de famille, dont le fils s’est suicidé en cellule en mars 2025, s’est jointe à cette action. Représentant 108 détenus, les avocats ont également indiqué leur intention de saisir la Cour de justice de la République.

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Un cri d’alerte face à la surpopulation carcérale

L’avocate du prévenu a souligné : « C’est un cri d’alerte. Dans le prolongement de l’action menée par Me Aoudia, la volonté de mon client est de dire : Nous ne pouvons plus vivre dans de telles conditions. » La surpopulation carcérale à Nîmes est estimée à 227 %, aggravant la situation.

Le procureur a reconnu les doléances mais a estimé qu’elles ne justifiaient pas une remise en liberté : « J’entends les doléances. Mais nous avons une responsabilité, celle de protéger les victimes. » Suivant ses réquisitions, le tribunal a ordonné le maintien en détention dans l’attente du procès, prévu le 22 juillet.

Des précédents alarmants

La maison d’arrêt de Nîmes est régulièrement pointée du doigt. En 2025, un détenu avait mis le feu à sa cellule, subissant des brûlures sur 10 % de son corps. Huit couteaux et une lame de scie y avaient été retrouvés, alertant sur le manque de sécurité. La France compte 88 145 détenus, plongeant le système carcéral dans une surpopulation chronique.

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