Jeux vidéo : un rapport parlementaire veut lutter contre le sexisme
Jeux vidéo : rapport parlementaire contre le sexisme

Un rapport parlementaire remis ce mercredi 8 juillet 2026 préconise de conditionner les aides publiques allouées à l'industrie du jeu vidéo à des engagements fermes contre le sexisme et les violences sexuelles. Rédigé par les députées Béatrice Piron (LREM) et Emmanuelle Ménard (RN), ce document de 150 pages formule 18 recommandations pour un secteur en pleine croissance mais régulièrement éclaboussé par des scandales.

Des constats alarmants sur les violences sexistes

Le rapport s'appuie sur une enquête menée auprès de 3 000 professionnels du secteur, dont 45 % de femmes. Il révèle que 62 % des femmes interrogées déclarent avoir été victimes de comportements sexistes au travail, et 18 % de violences sexuelles. « Ces chiffres sont inacceptables dans une industrie qui se veut créative et moderne », a déclaré Béatrice Piron lors de la présentation du rapport.

Conditionner les aides à des chartes d'engagement

La mesure phare du rapport est la conditionnalité des aides publiques – qui représentent environ 200 millions d'euros par an via le crédit d'impôt jeu vidéo et les subventions du CNC. Les entreprises souhaitant en bénéficier devraient signer une charte d'engagement contre le sexisme, former leur personnel et mettre en place des procédures de signalement internes. « Il ne s'agit pas de punir, mais d'inciter à des changements structurels », a précisé Emmanuelle Ménard.

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Un plan de lutte contre les violences sexuelles

Le rapport propose également la création d'un observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le jeu vidéo, chargé de collecter les données et de formuler des recommandations. Il recommande aussi d'étendre aux studios de développement les obligations de prévention déjà en vigueur dans les entreprises de plus de 50 salariés, notamment via le référent harcèlement.

Des réactions mitigées dans l'industrie

Le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) a salué « une prise de conscience nécessaire » tout en appelant à « ne pas stigmatiser l'ensemble du secteur ». De son côté, l'association Women in Games France a jugé les propositions « ambitieuses mais indispensables ». Certains studios indépendants craignent toutefois une charge administrative supplémentaire. « Nous sommes déjà en sous-effectif, ajouter des contraintes peut être difficile », a confié un responsable de studio sous couvert d'anonymat.

Vers une loi avant la fin de l'année ?

Les députées espèrent que leurs propositions seront reprises dans un projet de loi sur l'égalité professionnelle attendu à l'automne. Le ministère de la Culture a indiqué « étudier avec attention » ces recommandations. Le gouvernement pourrait ainsi intégrer ces mesures dans le cadre de la future loi de finances pour 2027.

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