Chez Konbini, les salariés déchantent depuis le rachat par Alexandre Yazdi
Konbini : le rachat par Yazdi inquiète les salariés

Depuis le rachat du média Konbini par Alexandre Yazdi, fondateur de l'entreprise de jeux vidéo Voodoo, les salariés expriment un profond malaise. Selon un article de Libération publié le 8 juillet 2026, l'ambiance s'est dégradée au sein de la rédaction, marquée par des incertitudes stratégiques et des tensions financières.

Une stratégie jugée floue

Les employés dénoncent un manque de vision claire de la part de la nouvelle direction. « Tout le monde flippe, personne n'est à l'abri », confie un salarié sous couvert d'anonymat. La stratégie de développement, centrée sur les contenus courts et viraux, est perçue comme une rupture avec l'identité éditoriale historique de Konbini.

Le rachat, officialisé en juin 2026, visait à diversifier les activités de Voodoo dans les médias. Mais les promesses d'investissements ne se sont pas concrétisées. « On nous a annoncé des moyens supplémentaires, mais en réalité, les budgets sont serrés », ajoute un autre employé.

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Des coupes budgétaires et des départs

Plusieurs postes clés ont été supprimés ou non remplacés, notamment dans les services web et vidéo. Selon des sources internes, le nombre de salariés est passé de 120 à environ 90 en un an. Les contrats en CDD ne sont pas renouvelés, et certains CDI sont menacés.

La direction justifie ces mesures par une nécessaire rentabilité. « Konbini doit être un média rentable, c'est la condition pour perdurer », a déclaré Alexandre Yazdi lors d'une réunion interne. Mais les salariés estiment que cette logique court-termiste met en péril la qualité éditoriale.

Un management jugé autoritaire

Des témoignages évoquent un management brutal, avec des décisions prises sans consultation. « Il n'y a plus de dialogue social, les décisions tombent d'en haut », déplore un délégué syndical. Le climat de peur pousse certains à quitter le navire, tandis que d'autres s'interrogent sur l'avenir du média.

Konbini, fondé en 2008, s'était imposé comme un média innovant auprès des jeunes, avec des contenus sur la pop culture, la société et l'actualité. Mais depuis le rachat, la ligne éditoriale se recentre sur le divertissement pur, au détriment de l'information.

Une audience en baisse

Les chiffres d'audience confirment le malaise : selon Médiamétrie, le nombre de visiteurs uniques mensuels a chuté de 15 % entre juin 2026 et mars 2026, passant de 5 millions à 4,25 millions. Cette baisse inquiète les annonceurs, déjà réticents face à l'incertitude stratégique.

Un ancien cadre de Konbini résume : « Le rachat par Yazdi, c'était censé être une bouffée d'oxygène, mais ça s'est transformé en asphyxie. »

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