En pleine période de fortes chaleurs, Yannick Chopin, vice-président de l’Umih de l’Aveyron, estime que les marchés gourmands nocturnes respecteraient moins les règles d’hygiène que les restaurants. Des critiques que réfutent les Fermiers de l’Aveyron, qui assurent être soumis aux mêmes obligations que l’ensemble des professionnels des métiers de bouche.
L’Umih réclame davantage de contrôles
À Millau, sur le quai Sully-Chaliès ou le Mandarous, comme à Saint-Affrique, au jardin public, les marchés gourmands nocturnes organisés par les Fermiers de l’Aveyron attirent chaque semaine de nombreux visiteurs venus déguster les produits des producteurs locaux. En cette période de canicule, le représentant des restaurateurs du département s’interroge sur le respect des normes sanitaires lors de ces rendez-vous estivaux.
« Fortes chaleurs, températures extrêmes, produits sensibles exposés pendant des heures… et pourtant certains marchés gourmands semblent fonctionner comme si les règles élémentaires d’hygiène alimentaire n’existaient plus », dénonce Yannick Chopin. Selon lui, les restaurateurs font l’objet de contrôles réguliers, ce qu’il juge « parfaitement normal », tandis que certains marchés sembleraient évoluer « dans un cadre beaucoup plus souple, voire inexistant en matière de contrôles sanitaires ».
Le marché et la canicule pas compatibles ?
Le vice-président de l’Umih énumère plusieurs points de vigilance : le respect de la chaîne du froid, le maintien en température des plats, la traçabilité des produits, la protection des denrées, le lavage des mains ou encore les conditions de stockage. « J’ouvre un débat : sommes-nous certains que toutes les garanties sanitaires sont aujourd’hui réunies sur l’ensemble des marchés gourmands organisés en pleine période de canicule ? », interroge-t-il.
Il nuance toutefois son propos en assurant ne pas vouloir opposer restaurateurs et producteurs. « Il faut nous interroger collectivement sur les conditions de conservation et d’exposition des denrées lorsque le thermomètre dépasse les 40 °C, car une bactérie ne connaît ni les labels, ni les statuts, ni les arrêtés préfectoraux. »
Depuis le 1er janvier 2024, la sécurité sanitaire des aliments relève du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire dans le cadre de la police unique de la sécurité sanitaire des aliments. Les contrôles sont réalisés par les services de l’État compétents, aussi bien dans les restaurants que dans les établissements de production ou sur les marchés.
Les Fermiers de l’Aveyron réfutent les critiques
Les Fermiers de l’Aveyron contestent fermement ces accusations et rappellent qu’ils sont soumis aux mêmes règles que l’ensemble des professionnels des métiers de bouche. « Nos laboratoires et ateliers sont aux normes en vigueur, notre matériel réfrigérant aussi. Nous sommes formés aux règles d’hygiène alimentaire et faisons régulièrement l’objet de contrôles sanitaires, programmés comme inopinés », affirme Virginie Lignon, coprésidente de l’association.
Elle rappelle également que le placement du département en vigilance rouge canicule n’interdit pas l’organisation de ces marchés. « Nous travaillons en partenariat avec la préfecture de l’Aveyron et les communes qui nous accueillent. Ce sont elles qui appliquent les textes réglementaires et les arrêtés préfectoraux encadrant l’organisation de nos marchés », souligne-t-elle.
Un appel à l’apaisement
Les organisateurs indiquent avoir du mal à comprendre cette polémique. « La désinformation constante nous oblige désormais à expliquer sans cesse, en toute transparence, notre manière de travailler. Nous nous gardons bien de nous comparer aux autres professionnels, car nous savons combien ces contraintes sont nécessaires pour tous. »
Les Fermiers de l’Aveyron concluent en réaffirmant leur soutien aux restaurateurs et aux commerçants, appelant à « entretenir un climat de solidarité et d’entraide plutôt que de la diffamation ou de la jalousie ».



