Le 12 juillet 1906, la Cour de cassation reconnaissait enfin l’innocence du capitaine Alfred Dreyfus. Cent-vingt ans plus tard, le président Emmanuel Macron participe ce 12 juillet 2026 à la première journée de commémoration annuelle de cette décision de justice historique. Une bonne occasion de relire un article signé par Mona Ozouf, paru en 1982 dans le Nouvel Observateur.
Blum et l’Affaire : une mémoire intacte
Alfred Dreyfus est mort : une demi-ligne dans les journaux de l’été 1935. Mais assez pour libérer chez Léon Blum un flot de souvenirs, qu’il confie à l’hebdomadaire Marianne. Sept « papiers » écrits, comme trente-cinq ans plus tôt les Preuves de Jaurès, « au hasard d’une existence surmenée », et qui n’ont pas une ride. Ils communiquent encore au lecteur de 1982 un sentiment d’allégresse et de pugnacité.
La jeunesse des textes de Blum
La raison de cette jeunesse intacte ? Le souci qu’a Blum de ne rien relire, de ne pas vérifier ; de laisser seulement remonter en lui les émotions de « l’Affaire ». Ce qu’il découvre, et nous aussi, c’est que la tonalité dominante de l’épreuve, malgré les procès perdus, les amis enfuis, malgré même la condamnation initiale de 1894, reste celle d’une lutte pour la justice. Selon Mona Ozouf, « Blum n’a pas cherché à reconstruire l’histoire, mais à revivre l’émotion. »
Un parallèle avec la commémoration de 2026
La décision de Macron de créer une journée commémorative annuelle s’inscrit dans cette volonté de ne pas oublier. Le 12 juillet 1906, Dreyfus est réhabilité après douze ans de combat. En 2026, la France se souvient. Comme le soulignait Blum, « l’Affaire Dreyfus n’est pas une affaire close, elle est une leçon permanente sur la vigilance républicaine. »



