La Cour suprême du Brésil a interdit à l'ancien président Jair Bolsonaro de rencontrer son homologue argentin Javier Milei, lors d'un événement prévu à Buenos Aires. La décision, rendue publique ce jeudi 18 juillet, vise à protéger l'intégrité de l'enquête sur la tentative de coup d'État de 2022, dans laquelle Bolsonaro est mis en cause.
Une interdiction motivée par l'enquête sur le coup d'État
Le juge Alexandre de Moraes, rapporteur de l'affaire, a estimé que la rencontre avec Milei, prévue dans le cadre d'un sommet de la droite conservatrice, pourrait compromettre les investigations en cours. Selon le magistrat, Bolsonaro pourrait tenter de coordonner sa défense avec des alliés étrangers, ou même de préparer une fuite. La décision a été prise à l'unanimité par les onze juges de la Cour suprême.
Bolsonaro est accusé d'avoir fomenté un coup d'État après sa défaite à l'élection présidentielle de 2022, remportée par Lula. L'enquête a déjà conduit à l'arrestation de plusieurs de ses proches, dont son ancien ministre de la Justice. L'ancien président, qui nie les faits, voit ainsi ses déplacements restreints.
Une réaction indignée de Bolsonaro
Dans un communiqué, l'équipe de Bolsonaro a dénoncé une « persécution politique » et une « violation de la liberté d'expression ». L'ancien président avait prévu de participer à la « Conférence des patriotes » à Buenos Aires, aux côtés de Milei et d'autres figures de la droite latino-américaine. « C'est une atteinte à la souveraineté du Brésil et à mon droit de dialoguer avec des dirigeants étrangers », a-t-il déclaré.
De son côté, Javier Milei a exprimé son soutien à Bolsonaro, qualifiant la décision de « honteuse ». Le président argentin, connu pour ses positions ultralibérales, entretient des relations étroites avec Bolsonaro, qu'il considère comme un allié idéologique.
Un précédent inquiétant pour la droite régionale
Cette interdiction intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le Brésil et l'Argentine. Lula, qui a critiqué à plusieurs reprises la politique de Milei, a salué la décision de la Cour suprême. « Personne n'est au-dessus de la loi », a-t-il tweeté.
Pour les observateurs, cette affaire illustre la difficulté pour les anciens dirigeants de la région de maintenir des liens internationaux lorsqu'ils sont sous le coup d'enquêtes judiciaires. Plusieurs experts estiment que cela pourrait freiner les ambitions de Bolsonaro de jouer un rôle sur la scène politique régionale.
L'ancien président brésilien, qui a déjà été condamné à une peine d'inéligibilité jusqu'en 2030 pour des propos mensongers sur le système électoral, voit ainsi ses perspectives politiques se réduire davantage. Il pourrait faire appel de la décision devant la Cour suprême, mais les chances de succès sont minces.



