Les États-Unis frappent l'Iran : Téhéran riposte en fermant le détroit d'Ormuz
États-Unis frappent l'Iran : Téhéran ferme le détroit d'Ormuz

Les États-Unis ont mené des frappes militaires contre l'Iran dans la nuit de vendredi à samedi, en représailles à une attaque de drone contre un navire américain. Selon le Pentagone, les frappes ont visé des installations de la Garde révolutionnaire iranienne dans la province de Hormozgan, détruisant plusieurs sites de lancement de drones et de missiles. L'Iran a immédiatement riposté en ciblant des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, tout en annonçant la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.

Des représailles immédiates et coordonnées

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé avoir lancé des missiles balistiques et des drones contre des installations pétrolières à Ras Tanura en Arabie saoudite et à Fujairah aux Émirats arabes unis. Selon l'agence iranienne Fars, au moins 12 missiles ont touché leurs cibles, provoquant des incendies maîtrisés selon les autorités saoudiennes. Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré dans un discours retransmis à la télévision d'État : « L'Amérique doit comprendre que toute agression sera répondue par une force décuplée. La fermeture du détroit d'Ormuz est notre droit légitime pour protéger notre sécurité nationale. »

Le détroit d'Ormuz, large de 33 kilomètres, relie le golfe Persique au golfe d'Oman. Sa fermeture, même partielle, pourrait faire grimper les prix du pétrole de 30 % selon les analystes. Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a condamné « une escalade dangereuse » et annoncé le déploiement de navires de guerre supplémentaires dans la région. « Nous ne permettrons pas que le commerce mondial soit pris en otage par le régime iranien », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

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Conséquences économiques mondiales

Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi : le baril de Brent a bondi de 8 % à 92 dollars, tandis que les Bourses asiatiques ont ouvert en forte baisse lundi matin. La Chine et le Japon, principaux importateurs de pétrole du Golfe, ont appelé à la retenue. Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, a assuré que le royaume disposait de réserves suffisantes pour compenser une interruption temporaire, mais a reconnu que « la situation est grave ».

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz pourrait réduire l'offre mondiale de pétrole de 17 millions de barils par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale. Les pays du Golfe, qui produisent ensemble environ 28 % du pétrole mondial, voient leurs exportations menacées. Les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs exportations de pétrole brut jusqu'à nouvel ordre, tandis que l'Arabie saoudite a activé son plan d'urgence.

Réactions internationales et risques d'escalade

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence dimanche, sans parvenir à un consensus. La Russie et la Chine ont bloqué une résolution condamnant l'Iran, tandis que les pays européens ont appelé à une désescalade. Le président iranien Ebrahim Raïssi a menacé de frapper « toute base américaine dans un rayon de 2 000 kilomètres » si les États-Unis poursuivaient leurs attaques. En réponse, les États-Unis ont renforcé leurs défenses antimissiles au Qatar et à Bahreïn.

Des experts estiment que cette crise est la plus grave dans la région depuis la guerre Iran-Irak dans les années 1980. « Nous sommes au bord d'une guerre régionale qui pourrait impliquer directement les grandes puissances », a averti l'analyste Ali Vaez de l'International Crisis Group. « La fermeture du détroit d'Ormuz est une ligne rouge qui pourrait déclencher une intervention militaire américaine massive. »

Impact humanitaire et approvisionnement

Au-delà du pétrole, la fermeture du détroit perturbe le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) et de marchandises. Le Qatar, premier exportateur mondial de GNL, a vu ses navires bloqués. L'Inde et la Corée du Sud, dépendantes du gaz qatari, ont annoncé des mesures de rationnement. L'Organisation mondiale de la santé s'est dite préoccupée par l'acheminement de médicaments et de fournitures médicales dans la région.

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En Iran, les sanctions américaines se sont durcies, avec le gel de 10 milliards de dollars d'avoirs iraniens à l'étranger. Le rial iranien a chuté de 15 % par rapport au dollar, tandis que l'inflation atteignait 50 % sur un an. « Le peuple iranien paie le prix des aventures militaires de son gouvernement », a déclaré un porte-parole du département d'État américain. Téhéran a répliqué en arrêtant plusieurs ressortissants occidentaux pour espionnage.

Alors que les frappes se poursuivent par intermittence, la communauté internationale retient son souffle. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à « un cessez-le-feu immédiat et à des négociations sans conditions préalables ». Mais les deux camps semblent déterminés à ne pas céder, laissant planer la menace d'un conflit aux conséquences mondiales dévastatrices.