L'armée américaine a mené, mardi 7 juillet, de nouvelles frappes en Iran après avoir suspendu plus tôt dans la journée l'autorisation temporaire accordée à Téhéran de vendre son pétrole dans le cadre du protocole d'accord signé le mois dernier par les deux pays.
Des frappes en représailles à des attaques contre des pétroliers
Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a annoncé avoir lancé une série de frappes en « réponse » aux attaques imputées à Téhéran de trois pétroliers près du détroit d'Ormuz. « L'agression de l'Iran était injustifiée, dangereuse et une violation évidente du cessez-le-feu », a écrit le Centcom sur le réseau social X.
Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs explosions avaient visé les ports de Sirik et Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, ainsi que l'île de Qeshm, sans fournir davantage de détails. Le commandement central américain a déclaré que plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la révolution islamique figuraient parmi les cibles touchées.
Cibles des frappes américaines
Un responsable américain a déclaré à Reuters que l'armée avait visé les systèmes de défense aérienne, des systèmes de surveillance côtière, des missiles et des sites de lancement de drones en Iran lors des dernières frappes qu'elle a effectuées.
Bahreïn et le Koweït ont également été visés. En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré mercredi avoir ciblé des sites militaires américains à Bahreïn et au Koweït. Dernier coup porté au fragile accord de cessez-le-feu, les Iraniens assurent avoir mené une opération conjointe constituée de missiles et de drones contre des sites militaires clés à Bandar Salman, dans le cinquième district naval de Bahreïn, et sur la base aérienne Ali Al Salem au Koweït, et avoir abattu un drone américain MQ9 qui tentait d'interférer dans l'opération. Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti à Bahreïn et au Koweït, ont indiqué des responsables. L'armée koweïtienne a déclaré que sa défense aérienne a fait face à des attaques de missiles et de drones « hostiles ».
Réactions iraniennes
Le commandement militaire suprême iranien, le quartier général central Khatam al-Anbiya, a condamné les frappes américaines évoquant un « acte d'agression flagrant », a menacé d'une « riposte écrasante » et averti que Téhéran ne permettrait pas aux États-Unis de s'ingérer dans la gestion du détroit d'Ormuz.
Le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, haut négociateur iranien, a accusé les États-Unis de violer l'accord de cessez-le-feu. Il a cité non seulement les dernières frappes militaires américaines, mais aussi le rétablissement des sanctions pétrolières, les violations des « ajustements » iraniens dans le détroit d'Ormuz et les attaques israéliennes contre le Liban.
Un accord de cessez-le-feu fragile
Ces incidents illustrent la fragilité de l'accord conclu par Washington et Téhéran, alors que les États-Unis ont révoqué mardi l'autorisation provisoire accordée à l'Iran pour vendre son pétrole. Quelques heures auparavant, trois pétroliers ont été touchés dans le détroit d'Ormuz, dont le navire qatari Al Rekayyat (chargé de GNL).
Téhéran utilise les attaques contre des navires pour peser dans les négociations en vue d'un accord de paix à long terme avec les États-Unis.



