De nouvelles attaques coordonnées ont frappé le Mali ce samedi 4 juillet. Des insurgés ont mené des assauts simultanés en cinq points du pays, notamment dans une ville du nord où sont stationnés des combattants gouvernementaux et russes, ainsi que dans une localité située au sud de la capitale, Bamako. Cette offensive marque une nouvelle démonstration de force des groupes armés face aux autorités maliennes, déjà confrontées à une insécurité persistante.
Des cibles multiples dans tout le pays
Les assauts ont visé des positions de l’armée dans plusieurs localités, dont Anefis, Aguelhoc et Gao (dans le nord du pays), Sévaré (au centre) et Kénioroba (au sud), ont indiqué les forces armées maliennes dans un communiqué. Les soldats ont repoussé les attaques et la situation est "totalement sous contrôle", précise le communiqué, ajoutant que 20 "terroristes" ont été tués à Sévaré et six à Gao. Un combattant pro-gouvernemental a trouvé la mort à Gao et quatre autres ont été blessés, selon la même source.
Un porte-parole du Front de libération de l'Azawad (FLA), un groupe rebelle à dominante touareg, a affirmé que son organisation avait pris part aux attaques de samedi. En avril, ce groupe s'était associé au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) — affilié à Al-Qaïda dans la région — lors d'une opération coordonnée et retentissante qui avait visé l'aéroport de Bamako et coûté la vie au ministre de la Défense. Les djihadistes du JNIM n'ont pas immédiatement revendiqué ces attaques.
Le FLA revendique l'offensive sur Anefis
Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a affirmé que les combattants du groupe étaient entrés dans la localité d’Anefis, dans la région de Kidal (nord-est). Selon nos confrères de RFI, des combats se déroulent actuellement au cœur de cette ville, "un verrou important pour se rendre à Kidal". Des troupes gouvernementales et des combattants russes y avaient été déployés après les attaques d’avril, à la suite de leur retrait de la ville stratégique de Kidal. Reuters n’a toutefois pas été en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante.
À Gao, un responsable local a indiqué que des tirs et des attaques à la roquette visant un camp militaire se poursuivaient depuis l’aube, sans que leur origine puisse être immédiatement établie. Les vols civils à l’arrivée et au départ de Gao ont, eux, été annulés, rapporte Jeune Afrique.
Une prison visée à Kénioroba
Plus au sud, à Kénioroba, une prison abritant notamment des opposants politiques maliens a également été prise pour cible. Selon une source diplomatique et une source sécuritaire citées par Reuters, l’établissement a été attaqué, même si l’une d’elles affirme que les forces de sécurité ont repoussé les assaillants. "De nombreux djihadistes sont détenus dans cet établissement, ouvert en 2019 pour désengorger la prison de Bamako", souligne Jeune Afrique.
Un échec sécuritaire pour la junte
Ces attaques mettent en évidence l'incapacité des dirigeants militaires maliens — arrivés au pouvoir à la faveur de coups d'Etat en 2020 et 2021 — à assurer l'amélioration de la sécurité qu'ils avaient promise. En septembre 2024, le JNIM a attaqué un centre de formation de la police paramilitaire près de l'aéroport de Bamako, tuant une soixantaine de personnes. Plus récemment, le groupe a imposé un blocus sur le carburant, privant ainsi les habitants et les entreprises de la capitale d'électricité et de ravitaillement. "Sans accès à la mer, Bamako demeure dépendant de ses voisins, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et, surtout, la Guinée - ces trois pays représentant 90 % des importations", rappelait en novembre 2025 L'Express.
Dans ce contexte, le gouvernement malien cherche à renforcer ses liens avec Washington, désireux de relancer la coopération sécuritaire et d’explorer des opportunités dans le secteur minier. De son côté, la Russie, dont les forces de l’"Africa Corps" soutiennent les autorités, a assuré qu’elle resterait aux côtés du Mali après les attaques d’avril. Le Burkina Faso et le Niger, eux aussi dirigés par des juntes militaires confrontées à la violence djihadiste, se sont également rapprochés de Moscou en matière de sécurité.



