Vadim Ermolaev, l’oligarque ukrainien classé 23e fortune du pays par Forbes avec plus de 300 millions de dollars, a été grièvement blessé ce lundi soir à Monaco lors d’une explosion que les autorités qualifient de « vraisemblablement un attentat ». Selon plusieurs sources concordantes, il s’agit bien de cet homme d’affaires de 50 ans, même si les autorités monégasques n’avaient pas encore confirmé son identité mardi matin.
Un train de vie fastueux malgré la guerre
L’invasion russe de l’Ukraine n’a pas entamé le train de vie d’Ermolaev. Les journalistes de la Pravda ukrainienne l’ont filmé cet été descendant d’une Bentley couleur lie-de-vin sur la place du casino de Monte-Carlo. Cette voiture, achetée en 2018, est immatriculée dans l’oblast de Dnipropetrovsk, à la frontière de la Crimée, région d’origine de ce magnat de l’agro-alimentaire.
Ermolaev a bâti sa fortune dans la production de spiritueux, notamment du vin produit en partie en Crimée. Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, il est accusé d’avoir continué à travailler avec les Russes. Il a menacé de poursuites judiciaires ses détracteurs, mais a cessé toute publication sur son site personnel depuis le 19 janvier 2022.
Suspecté par les autorités ukrainiennes et estoniennes
Le SBU, le service d’investigation ukrainien, l’a inscrit sur une liste de 84 riches ressortissants ayant potentiellement fui le pays. Ermolaev est également copropriétaire de Versobank, une banque estonienne dont l’agrément a été suspendu en mars 2018 par la Banque centrale européenne pour « violation systématique de la législation sur le blanchiment ». Selon le Money Laundering Data Bureau estonien, 87 % des dépôts de Versobank provenaient de non-résidents.
Madis Reimand, chef du renseignement financier estonien, a décrit le mode opératoire : des sociétés russes achetaient des actions et obligations, les transféraient à des non-résidents ayant des comptes en Estonie, puis les vendaient pour transférer les recettes à l’étranger. Entre 2012 et 2017, plus de sept milliards d’euros d’avoirs russes auraient transité par les banques estoniennes avant de s’évaporer en Europe de l’Ouest. Versobank était suspectée d’être l’un des rouages de ce système.



