En Afrique du Sud, un ultimatum lancé par des groupes xénophobes, exigeant le départ des ressortissants étrangers, a provoqué une vague de départs massifs. Selon les autorités sud-africaines, près de 25 000 personnes ont quitté le pays en l'espace de quelques semaines, fuyant les menaces et les violences croissantes.
Un ultimatum qui a enflammé les tensions
L'ultimatum, diffusé par des organisations locales, ordonnait aux immigrés de quitter le territoire sous peine de représailles. Cette initiative a exacerbé un climat déjà tendu, marqué par une recrudescence des attaques xénophobes dans plusieurs provinces, notamment au Gauteng et au KwaZulu-Natal. Des commerces tenus par des étrangers ont été pillés, et des habitations incendiées.
Le gouvernement sud-africain a condamné ces actes, mais les mesures de protection se sont révélées insuffisantes. "Nous assistons à une escalade de la violence qui menace la cohésion nationale", a déclaré un porte-parole du ministère de l'Intérieur, cité par l'agence de presse AFP.
Un exode vers les pays voisins
Les départs concernent principalement des ressortissants du Zimbabwe, du Mozambique et du Malawi, qui constituent les plus grandes communautés immigrées en Afrique du Sud. Beaucoup ont traversé les frontières terrestres, cherchant refuge dans leur pays d'origine ou dans des camps temporaires mis en place par des organisations humanitaires.
Selon les Nations unies, au moins 15 000 personnes ont déjà été enregistrées comme déplacées, et ce chiffre pourrait augmenter si les violences persistent. "La situation est critique. Les gens fuient avec ce qu'ils peuvent porter, laissant derrière eux des années de travail et de vie", a témoigné un responsable du Haut-Commissariat pour les réfugiés.
Des causes structurelles profondes
Les violences xénophobes en Afrique du Sud s'enracinent dans des problèmes socio-économiques chroniques : chômage élevé (34 %), inégalités criantes et accès limité aux services publics. Les immigrés sont souvent accusés de voler les emplois et de peser sur les infrastructures, un discours relayé par certains responsables politiques.
Des experts estiment que l'ultimatum a été le détonateur d'une colère latente. "Le gouvernement doit s'attaquer aux causes profondes de la xénophobie, notamment par des politiques d'intégration et de développement", analyse un chercheur de l'université du Cap.
Réactions internationales et appel à l'apaisement
La communauté internationale a réagi avec inquiétude. L'Union africaine a appelé au calme et à la protection des droits des migrants, tandis que plusieurs ambassades ont émis des alertes à leurs ressortissants. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a promis des mesures pour rétablir l'ordre, mais les critiques pointent un manque d'action concrète.
En attendant, des milliers de personnes continuent de quitter le pays, dans l'espoir de trouver la sécurité ailleurs. L'avenir de ces communautés déracinées reste incertain, tandis que l'Afrique du Sud fait face à l'un des plus grands défis de son histoire récente en matière de cohésion sociale.



