Diane McEvoy : « Retourner le cerveau du lecteur » avec son premier roman
Diane McEvoy : « Retourner le cerveau du lecteur »

Diane McEvoy, ancienne de la radio et de la publicité, remporte le Prix du roman de l'été 2026 avec son premier roman, Moi, Anaïs Berg. Ce thriller psychologique, sélectionné à l'unanimité parmi plus de 650 manuscrits, a été récompensé par un jury composé de professionnels de l'édition et de lecteurs. Le prix est une nouvelle distinction créée par le magazine Cosmopolitan en partenariat avec les éditions City, J'ai Lu et les livres audio Lizzie.

Une genèse inattendue sur une plage des Landes

L'idée du roman est née le 17 mai 2025, alors que Diane McEvoy se trouvait sur une plage des Landes avec sa fille de 8 ans. « Brusquement, elle m'a dit : "Maman, regarde Anaïs Berg !" Je me suis retournée en lui demandant : "Qui c'est, Anaïs Berg ?" et j'ai vu qu'elle tenait un glaçon dans sa cuillère. J'ai compris qu'elle parlait d'un iceberg, mais là, je me suis dit : "Ok, mais Anaïs Berg, c'est quand même un super nom d'héroïne de roman." » La nuit même, vers 4 heures du matin, elle avait le plan de ce qui ressemblait à un thriller.

Un prologue immersif et une double intrigue

Le roman s'ouvre sur une femme enterrée vivante dans son propre jardin. « Avec la pub, j'ai développé un côté très visuel des choses et j'ai trouvé qu'il y avait là une immersion directe, très tactile, avec la terre… C'était aussi la possibilité d'enterrer directement le lecteur », explique l'autrice. L'intrigue suit en parallèle deux histoires : celle d'Anaïs Berg, une universitaire de Liverpool dont le passé traumatique refait surface, et celle de Lucas, un lycéen anglais qui découvre qu'il est né sous X dans une clinique de Versailles. « Mon objectif n'était pas qu'on découvre le lien entre ces deux personnages, il est assez vite évident. Il est plus là pour détourner l'attention du lecteur d'un truc plus tordu. J'ai surtout travaillé sur la montée en tension… L'idée était quand même de retourner le cerveau du lecteur. »

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Versailles et Liverpool : une géographie amoureuse

Le roman se déroule entre Versailles et Liverpool, deux villes chères à l'autrice. « Versailles est la ville de mon enfance, j'y ai fait toute ma scolarité, et j'ai vécu à Liverpool. Ce sont les deux endroits auxquels je suis le plus attachée au monde. » Elle décrit Versailles comme « un musée à ciel ouvert » et Liverpool comme « une ville où tout est possible ». « Ancrer mes personnages dans ces deux lieux me permettait d'écrire une véritable géographie amoureuse de ces villes, dont ne parlent pas les guides touristiques. »

Une passion pour les Beatles comme bande originale

Diane McEvoy est diplômée du master The Beatles Popular Music & Society de la Hope University à Liverpool. « On n'y apprend pas l'histoire des Beatles, c'est plutôt un cursus de sociologie de la pop music, où l'on se sert de Liverpool et des Beatles pour étudier l'influence de la musique sur une société. » Cette passion imprègne le roman : Anaïs Berg dirige le cursus Beatles à l'université. « J'ai été demandée en mariage sur scène, en 2015, durant un concert de Paul McCartney à Liverpool. Ça ne s'oublie pas ! »

Un rêve de billet d'humeur sur France Inter

Interrogée sur ses aspirations, l'autrice confie : « Mon rêve depuis toujours, c'est de faire un jour un billet d'humeur sur France Inter, comme Morgane Cadignan. Voilà mon rêve ultime. Écrire un livre n'était pas particulièrement dans mes projets. » Elle ajoute : « Dans la publicité, et dans le digital, on me demande depuis vingt ans de raconter des histoires en six secondes. Donc, faire du long, je n'y étais pas habituée. »

Moi, Anaïs Berg est publié aux éditions City, 272 pages, 18,90 euros.

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