L'ancien administrateur des Biens de la Famille princière de Monaco, Claude Palmero, et l'ex-avocat et ami du prince Albert II, Me Thierry Lacoste, ont tenu leur première conférence de presse commune ce mercredi 8 juillet pour « dénoncer la vendetta judiciaire » dont ils feraient l'objet. Claude Palmero a annoncé la sortie prochaine d'un deuxième livre de « révélations et solutions » pour son pays qu'il « aime ».
Une conférence de presse sous le signe de la contestation
« Je ne resterai pas inerte ! D'ailleurs, ma participation à cette conférence est un signal clair », a déclaré Me Thierry Lacoste. Pour la première fois depuis l'émergence des « Dossiers du Rocher » et la vague de polémiques médiatico-judiciaires en Principauté, il a soutenu Claude Palmero face à la presse. « Je prends la parole par devoir moral parce que l'affaire dont nous parlons dépasse largement le cas de Monsieur Palmero ou d'autres. Elle interroge le fonctionnement des institutions, la transparence de l'exercice du pouvoir et la responsabilité de ceux qui occupent les plus hautes fonctions », a introduit l'avocat.
Les deux hommes, exclus du cercle de confiance du Souverain à l'été 2023, visent « une bande de voyous parfaitement identifiés ». « Ils se comptent sur les doigts de deux mains mais ont des ramifications profondes et refusent l'idée que des gens soient honnêtes », a étayé Me Lacoste.
Une « garde à vue spectacle » annoncée
Me Marie-Alix Canu-Bernard, avocate de Claude Palmero, a cité le nom de Patrice Pastor, promoteur immobilier qui, sur la base de mails piratés sur la messagerie de Me Thierry Lacoste et diffusés par un corbeau non identifié sous le nom de « Dossiers du Rocher », avait été le premier à dénoncer en justice les agissements d'un « G4 ». Depuis, Claude Palmero se dit victime du « Palais de l'Injustice » et d'un « concours Lépine de l'inculpation ». Son avocate devance une nouvelle inculpation : « Il est envisagé ces prochains mois une garde à vue spectacle de M. Palmero, avec défèrement et inculpation. Les juges vont bien trouver quelque chose… »
« Ce renversement de la réalité est inadmissible », a réagi Me Cyril Bonan, avocat du prince Albert II. « Ce n'est pas parce que la Justice ne fait pas droit aux demandes de M. Palmero qu'elle n'est pas indépendante. Cette mise en cause des institutions est inacceptable ! Le Palais princier a dû écarter bon nombre de personnes qui ont abusé et détourné leurs fonctions. Ce renversement de la réalité pour se faire passer pour des victimes est inadmissible. »
Un deuxième livre en préparation
Au-delà des prétoires, Claude Palmero a décidé de poursuivre son combat en librairie. Fier de « l'incontestable succès » de « Monaco Interdit » - qui n'a subi « aucune plainte » -, l'ex-comptable de la Famille princière annonce la parution d'un volume 2 « dans quelques mois » intitulé « Manifesto Monaco ». « Tout ce qu'il a écrit, de la première à la dernière ligne dans son premier livre est conforme à la réalité. Je dirais même qu'il a retenu sa plume […] la situation est plus grave », a commenté Me Thierry Lacoste.
Une situation à laquelle « la classe politique française a été très sensibilisée ». « Certains développements devraient arriver », promettent les deux hommes. Car « certains responsables publics français » en poste à Monaco ont, selon le clan Palmero, « manqué aux obligations de probité, d'indépendance et d'impartialité attachées à leurs fonctions et doivent rendre des comptes ».
Une plainte déposée contre l'ancien ministre d'État Pierre Dartout
Me Lacoste a révélé avoir déposé plainte en France (après un classement sans suite à Monaco) contre l'ancien ministre d'État, Pierre Dartout, dans l'affaire dite de l'Esplanade des Pêcheurs. « Il a introduit une requête en révision de la décision du Tribunal suprême dans ce dossier et une grande partie de cette requête est basée sur une notion de fraude, qui n'existe absolument pas. Mon client, le groupe Caroli, m'avait communiqué les écritures de M. Dartout, ce qui m'a permis de déposer cette plainte car c'est un fatras de mensonges et de calomnies qui ne repose sur rien. »
Claude Palmero, que l'on dit avoir toujours des oreilles dans différentes administrations monégasques, assure ne pas vouloir faire de politique. « J'invite les Monégasques, même sous couvert d'anonymat, à me faire part de leurs idées et suggestions », a-t-il lancé. Il espère que « d'autres Monégasques comprendront bien ce qu'il se passe et porteront la parole avec moi et après moi, et qui la traduiront à ce moment-là en termes politiques. »
Son deuxième livre « sera différent du premier et comprendra des révélations mais surtout une dizaine de mesures structurantes qui devraient permettre à (m)on pays d'être éthique, vertueux et exemplaire », a-t-il précisé. « À commencer par une modification de l'article 88 de la Constitution selon lequel la Justice appartient au Prince… comme sous Louis XIV », a pointé son avocat, Me Pierre-Olivier Sur.



